Marie-Joseph

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  • en réponse à : S’entraider dans la pratique de l’oraison. #4378
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Merci à Paul-Henri et Jacqueline pour cette précision : en effet, pour ne pas s’illusionner, l’accompagnement spirituel est essentiel. Il permet de prendre une distance avec soi-même et de faire un discernement. Avoir un vis-à-vis qui permet d’échanger sur la vie spirituelle est une grande grâce. Thérèse d’Avila donne les critères d’un bon accompagnateur spirituel : un homme d’expérience, de doctrine et engagé dans la vie spirituelle. Si elle ne pouvait toujours trouver de telles qualités chez un accompagnateur, elle mettait sa préférence pour quelqu’un de versé dans les Écritures, car la vie spirituelle consiste précisément à actualiser l’Évangile dans sa vie. Et comme l’écrivait S. Jean de la Croix, on ne peut imiter le Christ sans connaître les Écritures. Thérèse affectionnait aussi la lecture des vies de saints, car elle y trouvait d’éminents exemples de vie évangélique à toutes les époques de l’histoire. Nous avons besoin de tels exemples. Et c’est ce que fait l’Église en canonisant des saints pour les donner en exemple. Que la fête de la Toussaint nous remplisse de joie et de lumière par la présence de ces innombrables saints et amis qui nous accompagnent !

    en réponse à : S’entraider dans la pratique de l’oraison. #4372
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Tu poses, cher Jean-Luc, une question essentielle : la conscience de la miséricorde divine ne risquerait-elle pas de nous rendre trop complaisants envers nos fautes ? En étudiant l’expérience de la miséricorde divine chez Thérèse d’Avila, je me suis rendu compte que nous avons souvent une fausse idée de la miséricorde divine. Thérèse nous montre que la miséricorde divine se penche sur l’homme pécheur pour le libérer du péché. On peut voir ainsi toute l’histoire du Salut résumée dans la miséricorde divine : Dieu est venu jusqu’à nous en Jésus-Christ pour sauver les pécheurs et les mener sur un chemin de conversion et de sainteté. Thérèse a vécu un long combat contre son propre péché : chaque fois qu’elle entrait en oraison, elle voyait l’incohérence de sa vie. Face à l’invincible miséricorde divine, elle a finalement cédé à l’amour divin pour se donner totalement à Dieu. Je pense que les religieux ou prêtres dévoyés sont des personnes qui ont abandonné la prière ou qui n’ont plus osé se présenter devant Dieu. Leur conscience s’est alors obscurcie et ils sont entrés dans cette complaisance dont tu parles ou de fausses justifications. C’est pourquoi, la première grande miséricorde que Dieu nous fait, c’est de nous inviter à l’oraison, à ce face-à-face libérateur où la miséricorde divine pourra donner toute sa mesure, pour nous convertir en nous donnant de plus en plus l’abondance de l’Esprit Saint. N’abandonnons jamais l’oraison ! Restons-y fidèles autant que nous pouvons et nous cheminerons sur un chemin de lumière !

    en réponse à : S’entraider dans la pratique de l’oraison. #4308
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Ton message me fait penser au même sentiment que sainte Thérèse d’Avila a eu durant une période de sa vie: elle se sentait tellement indigne devant la grandeur de Dieu, qu’elle n’osait plus se présenter devant Dieu. Pendant une année, elle avait abandonné l’oraison pour cette raison! Ce qu’il faut, pour surmonter cette épreuve, c’est comprendre qui est véritablement ce Dieu révélé par Jésus Christ : c’est un Dieu qui va à la recherche des pécheurs, poussé par une immense compassion, une infinie miséricorde. Au point qu’il va laisser les 99 justes (aux yeux de la Loi) pour rechercher la brebis perdue. Notre indignité, loin de le rebuter, attire sa miséricorde! Tout en nous l’attire, la beauté qu’il y a mise en nous créant à son image, en nous revêtant de Jésus Christ à notre baptême, mais aussi notre misère. D’autre part, il faut bien comprendre quelle doit être notre réponse. Elle n’est pas faite de pratiques à la manière du pharisien, mais de se disposer à accueillir Celui qui peut nous sanctifier. Seul l’Esprit Saint nous sanctifie, c’est l’Esprit qui jaillit du Cœur miséricordieux du Christ qui va mettre en nous le feu sacré de l’amour, pour que nous ne fassions plus qu’un seul cœur avec le Cœur du Christ. Tout l’art de l’oraison consiste en cet accueil actif, où mon intelligence accueille la lumière divine et ma volonté l’amour divin qui va l’enflammer. Je ne suis plus alors centré sur moi et mon humilité réside dans la conscience que j’ai tout à recevoir et que le bien que je puis faire est l’œuvre de Celui qui crée en moi l’homme nouveau. Si je fais le bien, c’est grâce à Dieu qui a triomphé en moi. Je suis désormais centré sur Celui qui m’aime et me sanctifie pour que je puisse l’aimer en retour (cf. 2 Co 3, 18).

    en réponse à : S’entraider dans la pratique de l’oraison. #4305
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Pour répondre à ta question, cher Jean-Luc, il faut d’abord bien comprendre ce qu’est l’oraison: une profonde relation d’amour avec ce Dieu qui nous aime tant. Qui dit amour, dit fidélité. Ceux qui s’aiment désirent être ensemble, c’est toute la dynamique de l’oraison. Faut-il alors la comprendre comme une obligation? Oui et non. Oui, dans le sens que la fidélité quotidienne à l’oraison va beaucoup m’aider à progresser, malgré les hauts et les bas de mon expérience. L’obligation a du bon, car elle permet de surmonter mon inconstance. D’un autre côté, plus je pratique l’oraison, moins je la sens comme une obligation, mais comme une évidence inhérente à l’amour. Aujourd’hui, au Carmel, c’est la fête de la transverbération du cœur de S. Thérèse d’Avila (voir Vie, ch. 29, 13): L’ange transperce le cœur de Thérèse et l’enflamme de l’amour divin. Puissions-nous fidèlement pratiquer l’oraison jusqu’à brûler de l’amour de Dieu! Mais, bien sûr, la vie spirituelle n’est jamais faite de rigidité. Il ne faut pas m’astreindre à une obligation pesante. Je vais chercher ce qui me convient le mieux, ce qui me porte à aimer et avec une certaine souplesse. Les laïcs n’ont pas à imiter les religieux. Sainte Thérèse louait la liberté dont jouissent les laïcs. Que cette liberté nous porte à aimer de plus en plus! Car sans liberté, il n’y a pas d’amour.

    Marie-Joseph
    Modérateur

    Nous arrivons au terme du confinement à cause du coronavirus. Je vais, en tant que modérateur, clôturer et archiver ce forum, pour en lancer un nouveau sur notre expérience de l’oraison, de façon à nous enrichir mutuellement. Quand je relis ce forum, j’y trouve une grande richesse et une source d’inspiration. Il pourra toujours être consulté dans les archives des forums. Merci à tous les participants !

    Marie-Joseph
    Modérateur

    Durant ce confinement, l’invitation de Sainte Thérèse à contempler les vastes espaces du Château intérieur m’a aidé à entrer en contemplation. C’est comme si j’assistais dans le Ciel de mon âme à la louange des anges et des saints ! Écoutons cette louange céleste résonner en nous ! Nous sommes en Dieu et Dieu est en nous, le Ciel est au fond de nous ! Accueillons la louange céleste et unissons-nous à elle ! Saint, saint, saint est le Seigneur ! Chaque fois que nous nous sentons seuls ou empêchés de vivre ensemble dans la communion fraternelle, puisons dans ce Château des ressources insoupçonnées. Nous sommes ce Château fait d’un seul diamant au centre duquel habite le Roi de gloire, le Seigneur ressuscité, avec le Père et l’Esprit, les anges et tous les saints ! Le Ciel se fait si proche. Communions à la louange céleste et portons-là à notre monde qui souffre. Voilà le plus bel apostolat ! Alléluia !

    Marie-Joseph
    Modérateur

    En nous réunissant chacun chez soi à l’heure habituelle du groupe d’oraison, je fais chaque fois une belle et profonde expérience de communion vécue en Église, dans le souffle de l’Esprit, qui jaillit de la présence du Christ ressuscité qui nous rassemble. Ce soir, en particulier, m’est venue l’invitation du Christ en Ap 3, 20: « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je prendrai la cène avec lui, et lui avec moi. » Il nous invite à l’intimité d’un repas aux chandelles ! Et il m’est venu à l’esprit le poème de Jean de la Croix : « O toi qui a uni l’Aimé avec son aimée, l’aimée en son Aimé transformé ! » C’est finalement sans doute le sens le plus profond de ce confinement : découvrir combien le Ressuscité est proche et désire cette intimité avec nous, pour ne faire qu’un seul cœur avec lui. Le sentiment de solitude provoqué par le confinement est l’occasion pour le Seigneur de nous révéler qu’il n’y a personne comme Lui d’aussi proche, plein de tendresse, d’amour et de miséricorde !

    Marie-Joseph
    Modérateur

    Merci Sr Jacqueline pour ton témoignage. Voilà un bon moyen d’occuper son temps : en pratiquant l’oraison, cette relation d’amitié avec le Seigneur où il nous révèle combien il nous aime, combien il se fait proche. Par l’oraison, nous lui ouvrons la Porte et il vient, « lui auprès de moi et moi auprès de lui » (Ap 3, 20), pour répandre ses miséricordes.
    On entend parfois que Dieu viendrait nous punir avec le coronavirus, que les prophéties de Fatima, soi-disant, prétendent que Dieu viendrait punir. Il n’y a rien de plus faux ! Il ne vient pas punir mais sauver, appeler à la conversion ! Il le montre bien dans l’Évangile de dimanche prochain, celui de la fête des Rameaux : Jésus entre à Jérusalem, acclamé comme le Roi Messie, mais assis sur un âne, en signe d’humilité, se mettant du côté des petits et des pauvres.
    Par le confinement, plus ou moins complet que le monde est obligé de vivre, chacun est appelé à entrer en lui-même, exactement comme l’enfant prodigue : c’est ainsi qu’il comprit sa situation et commença un chemin de conversion, de retour vers le Père.

    Marie-Joseph
    Modérateur

    Dans mon oraison d’hier soir, j’ai ressenti particulièrement la proximité du Ciel. Ce que j’ai ressenti et compris, c’est que Dieu se caractérise non par son éloignement, mais justement par sa très grande proximité. Comme le dit l’Écriture, Dieu est proche de l’orphelin et de la veuve. Le propre de la miséricorde divine, c’est justement de se faire proche, très proche. Je voyais le Père me prendre dans ses bras comme l’enfant prodigue. Je n’avais jamais réalisé à quel point cette parabole met en lumière la proximité de Dieu. Ce Dieu d’amour et de miséricorde est le meilleur des pères et il nous serre très fort dans ses bras et sur son cœur. Je voyais aussi la présence de Marie et de Joseph, très proches et attentifs. Ils veillent sur nous comme sur l’enfant Jésus ! Je voyais aussi les anges, bref, tout le Ciel si proche. Dans ces temps de confinement plus ou moins grand, quelle lumière, quelle consolation !

    Marie-Joseph
    Modérateur

    En cette belle et grande fête de l’Annonciation, que l’Esprit Saint descende abondamment sur notre humanité meurtrie ! Que Marie Immaculée soit notre consolation et notre joie, elle qui nous a donné le Sauveur ! La folie de l’amour de Dieu s’est révélée en ce jour : Dieu a accepté de devenir tout petit embryon, pour sauver notre humanité dès notre conception ! Il a voulu se faire semblable à nous, revêtir notre faiblesse pour la remplir de sa Présence. Quelle grandeur, quel mystère ! Désormais tout est sanctifié dans notre monde : nos joies et nos peines, nos misères et nos grandeurs, tout est désormais uni au Christ ressuscité. Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu, comme disaient les Pères de l’Église. Comme le disait encore S. Jean de la Croix, « ce que le Christ est par nature, nous le sommes par grâce ! » Comment ne pas être fou de reconnaissance et rempli d’une louange incessante ? Dans notre désert, notre confinement, crions notre joie et notre allégresse !

    Marie-Joseph
    Modérateur

    Merci à tous, nous recevons de beaux messages durant ce temps si particulier. Je vous partage celui-ci, très suggestif :
    « Moustapha Dahleb, écrivain tchadien, a écrit ces mots très pertinents et qui font réfléchir :
    Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d’invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l’ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.
    Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pu obtenir en Syrie, en Libye, au Yémen,… ce petit machin l’a obtenu (cessez-le-feu, trêve…).
    Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le Hirak a pris fin).
    Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances électorales…).
    Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d’investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques…).
    Ce que les gilets jaunes et les syndicats n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée…).
    Soudain, on observe dans le monde occidental le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu’ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n’est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d’une vie réussie.
    Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.
    Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l’argent n’a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.
    Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.
    Quelques jours seulement ont suffi à l’univers pour établir l’égalité sociale qui était impossible à imaginer.
    La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.
    Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour cloner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.
    Puisse cela servir à réaliser la limite de l’intelligence humaine face à la force du ciel.
    Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.
    Il a suffi de quelques jours pour que l’Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.
    Il a suffi de quelques jours pour que l’humanité prenne conscience qu’elle n’est que souffle et poussière.
    Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?
    Rendons-nous à l’évidence en attendant la providence.
    Interrogeons notre « humanité » dans cette « mondialité » à l’épreuve du coronavirus.
    Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.
    Aimons-nous vivants ! »

    Marie-Joseph
    Modérateur

    Dans la même ligne, j’ai reçu cette belle méditation en forme de dialogue :
    « Cher Coronavirus,
    En ce temps de carême j’ai fait mon choix :
    Je ne choisis pas de te prendre en moi : cette place est réservée à un Autre, mais je choisis d’accepter ta présence autour de moi. J’accueille le silence que tu as créé dans les rues de Rome, et qui me met à l’écoute de Celui qui m’attend. J’accueille la fermeture des magasins que tu as provoquée pour me libérer du consumérisme effréné et des biens matériels. J’accueille la fermeture des restaurants pour apprendre à rechercher la nourriture de l’âme. J’accueille l’isolement où tu me plonges pour rentrer dans un dialogue amoureux avec une Présence bien plus belle que la tienne. J’accueille les restrictions de mouvement pour ne me focaliser que sur l’essentiel. J’accepte la maladie que tu répands pour me rappeler du don de la santé que j’ai si souvent pris pour acquis, et me rappeler que la douleur fait partie de cette vie et que mon rôle est de la soulager.
    Au final cher Coronavirus, je te remercie de me faire vivre le carême le plus vrai de ma vie. »
    Maya Chidiac
    (transmis par Eugenio Cannavo)

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