S’entraider dans la pratique de l’oraison.

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16 sujets de 1 à 16 (sur un total de 16)
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    Messages
  • #3806
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Voici un nouveau forum pour nous entraider dans notre pratique de l’oraison. Je vous invite à partager vos questions, vos témoignages, vos joies et vos difficultés dans l’oraison. Ensemble, nous pourrons mieux comprendre concrètement le chemin de l’oraison, nous entraider et vivre dans la joie d’une intimité toujours plus profonde avec le Ressuscité, dans la communion de l’Église. Puissions-nous vivre une nouvelle Pentecôte !

    #3928
    Jacqueline
    participe

    Durant mon oraison en ce 2 juillet, accompagnée par l’Esprit Saint, je suis entrée assez rapidement dans ce château intérieur de mon être, avec toute ma souffrance. Jésus m’a invitée à lui donner ma vie avec tous ses combats.
    Après ce don de ma vie telle qu’elle est, Jésus m’a redit combien il m’aimait d’un amour fou, sans condition. Que j’avais du prix à ses yeux ; qu’il avait livré sa vie par amour pour moi. Ma souffrance n’est pas vaine, elle a du prix, unie à la sienne. Jésus m’a fait comprendre que je n’étais pas seule, qu’il la vivait en moi et avec moi.
    Je suis entrée dans une plus grande paix et un silence profond, bienfaisant, ne faisant qu’un seul cœur avec Jésus et Marie, ma maman du Ciel. Leur amour m’enveloppait et m’ont introduit dans un repos bienfaisant en leur présence, dans le cœur du Père de miséricorde et de tendresse. J’ai eu du mal à sortir de ce temps d’oraison dans lequel j’étais bien.
    Merci Jésus, merci Marie ma maman du Ciel !

    #4303
    Jean-Luc
    participe

    J’ai appris qu’il y a différents moments dans la vie d’oraison : parfois c’est la consolation, parfois nous sommes placés devant le silence de Dieu… J’aimerais savoir quelle est l’importance de la fidélité à la régularité dans la vie de prière. Dans les monastères, les moines et les moniales sont « astreints » à une règle qui définit précisément le temps qu’ils doivent consacrer à la prière. Mais qu’en est-il pour les laïcs? Est-il nécessaire de se garder quotidiennement un temps de prière et d’y être fidèle? N’y a-t-il pas un danger, en dernière analyse, que le moment de prière devienne une obligation de plus à remplir sur la liste des choses que nous devons accomplir?

    #4305
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Pour répondre à ta question, cher Jean-Luc, il faut d’abord bien comprendre ce qu’est l’oraison: une profonde relation d’amour avec ce Dieu qui nous aime tant. Qui dit amour, dit fidélité. Ceux qui s’aiment désirent être ensemble, c’est toute la dynamique de l’oraison. Faut-il alors la comprendre comme une obligation? Oui et non. Oui, dans le sens que la fidélité quotidienne à l’oraison va beaucoup m’aider à progresser, malgré les hauts et les bas de mon expérience. L’obligation a du bon, car elle permet de surmonter mon inconstance. D’un autre côté, plus je pratique l’oraison, moins je la sens comme une obligation, mais comme une évidence inhérente à l’amour. Aujourd’hui, au Carmel, c’est la fête de la transverbération du cœur de S. Thérèse d’Avila (voir Vie, ch. 29, 13): L’ange transperce le cœur de Thérèse et l’enflamme de l’amour divin. Puissions-nous fidèlement pratiquer l’oraison jusqu’à brûler de l’amour de Dieu! Mais, bien sûr, la vie spirituelle n’est jamais faite de rigidité. Il ne faut pas m’astreindre à une obligation pesante. Je vais chercher ce qui me convient le mieux, ce qui me porte à aimer et avec une certaine souplesse. Les laïcs n’ont pas à imiter les religieux. Sainte Thérèse louait la liberté dont jouissent les laïcs. Que cette liberté nous porte à aimer de plus en plus! Car sans liberté, il n’y a pas d’amour.

    #4306
    Jean-Luc
    participe

    La difficulté que j’éprouve à respecter avec fidélité le cadre de prière que je me suis fixé met à jour ma difficulté à m’abandonner à cette relation d’amour avec Dieu. Cette relation est vivante, et je me rends compte que je dois surmonter mes résistances : je me sens tellement indigne! Peut-être, paradoxalement, est-ce un signe d’un manque d’humilité de ma part… Je me demande souvent si je ne compte pas trop sur mes propres forces ou si mon « ego » ne prend pas trop de place… Ma difficulté à respecter le cadre de prière reflète directement cette lutte où je dois surmonter ce sentiment d’indignité tout en éprouvant, dans le même temps, cet attrait pour la fidélité quotidienne à l’oraison.

    #4308
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Ton message me fait penser au même sentiment que sainte Thérèse d’Avila a eu durant une période de sa vie: elle se sentait tellement indigne devant la grandeur de Dieu, qu’elle n’osait plus se présenter devant Dieu. Pendant une année, elle avait abandonné l’oraison pour cette raison! Ce qu’il faut, pour surmonter cette épreuve, c’est comprendre qui est véritablement ce Dieu révélé par Jésus Christ : c’est un Dieu qui va à la recherche des pécheurs, poussé par une immense compassion, une infinie miséricorde. Au point qu’il va laisser les 99 justes (aux yeux de la Loi) pour rechercher la brebis perdue. Notre indignité, loin de le rebuter, attire sa miséricorde! Tout en nous l’attire, la beauté qu’il y a mise en nous créant à son image, en nous revêtant de Jésus Christ à notre baptême, mais aussi notre misère. D’autre part, il faut bien comprendre quelle doit être notre réponse. Elle n’est pas faite de pratiques à la manière du pharisien, mais de se disposer à accueillir Celui qui peut nous sanctifier. Seul l’Esprit Saint nous sanctifie, c’est l’Esprit qui jaillit du Cœur miséricordieux du Christ qui va mettre en nous le feu sacré de l’amour, pour que nous ne fassions plus qu’un seul cœur avec le Cœur du Christ. Tout l’art de l’oraison consiste en cet accueil actif, où mon intelligence accueille la lumière divine et ma volonté l’amour divin qui va l’enflammer. Je ne suis plus alors centré sur moi et mon humilité réside dans la conscience que j’ai tout à recevoir et que le bien que je puis faire est l’œuvre de Celui qui crée en moi l’homme nouveau. Si je fais le bien, c’est grâce à Dieu qui a triomphé en moi. Je suis désormais centré sur Celui qui m’aime et me sanctifie pour que je puisse l’aimer en retour (cf. 2 Co 3, 18).

    #4310
    Jacqueline
    participe

    Marie-Joseph, merci pour ta réponse à Jean-Luc. C’est l’expérience que j’ai faite ce soir pendant l’oraison. Je me suis laissée habiter par Celui qui m’aime d’un amour fou, malgré mes faiblesses, ma détresse parfois. Ce soir, j’ai vraiment fait l’expérience que lorsque j’ouvre la porte de mon cœur dans la confiance, pour accueillir l’œuvre de l’Esprit qui me met dans ce cœur à cœur avec Jésus et le Père, je ne pense plus à moi mais à celui qui me sanctifie, me guérit, m’élève à son niveau et fait des merveilles et nos cœurs ne font plus qu’un dans un échange d’amour mutuel. Oui, j’ai tout à recevoir, à accueillir et accepter de recevoir, de me laisser modeler.

    #4370
    Jean-Luc
    participe

    Merci Marie-Joseph et Jacqueline pour vos bons mots qui m’ont touché et fait réfléchir depuis deux mois. J’essaie de respecter le cadre que je me suis donné, mais je dois avouer que c’est encore difficile pour moi. Bien sûr, je parle spontanément à Jésus à divers moments de la journée que ce soit à la maison, en famille, à mon travail ou lorsque je dépose ma tête sur l’oreiller. Mais je n’ai pas intégré la pratique de l’oraison comme un rendez-vous privilégié.
    Je suis ému à la pensée que, par son infinie Miséricorde, Dieu vient à la rencontre du pécheur que je suis. Cependant, une peur a surgi en moi à la suite de la révélation de nombreux scandales de l’Église touchant certains religieux. Comment ces personnes ont-elles pu continuer à exercer leur ministère malgré leurs actions pour le moins répréhensibles? Je ne veux pas les juger. Je ne peux m’empêcher, cependant, de penser que ces personnes ont été, face à la Miséricorde, « complaisantes » envers leurs propres écarts. Et lorsque je me présente devant Dieu, j’ai peur de reproduire cette espèce d’indulgence excessive envers ma propre misère. En fait, pour faire oraison, pour « ouvrir la porte de mon coeur avec confiance », je dois surmonter cette peur.

    #4372
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Tu poses, cher Jean-Luc, une question essentielle : la conscience de la miséricorde divine ne risquerait-elle pas de nous rendre trop complaisants envers nos fautes ? En étudiant l’expérience de la miséricorde divine chez Thérèse d’Avila, je me suis rendu compte que nous avons souvent une fausse idée de la miséricorde divine. Thérèse nous montre que la miséricorde divine se penche sur l’homme pécheur pour le libérer du péché. On peut voir ainsi toute l’histoire du Salut résumée dans la miséricorde divine : Dieu est venu jusqu’à nous en Jésus-Christ pour sauver les pécheurs et les mener sur un chemin de conversion et de sainteté. Thérèse a vécu un long combat contre son propre péché : chaque fois qu’elle entrait en oraison, elle voyait l’incohérence de sa vie. Face à l’invincible miséricorde divine, elle a finalement cédé à l’amour divin pour se donner totalement à Dieu. Je pense que les religieux ou prêtres dévoyés sont des personnes qui ont abandonné la prière ou qui n’ont plus osé se présenter devant Dieu. Leur conscience s’est alors obscurcie et ils sont entrés dans cette complaisance dont tu parles ou de fausses justifications. C’est pourquoi, la première grande miséricorde que Dieu nous fait, c’est de nous inviter à l’oraison, à ce face-à-face libérateur où la miséricorde divine pourra donner toute sa mesure, pour nous convertir en nous donnant de plus en plus l’abondance de l’Esprit Saint. N’abandonnons jamais l’oraison ! Restons-y fidèles autant que nous pouvons et nous cheminerons sur un chemin de lumière !

    #4373
    Paul-Henri
    participe

    Merci, Marie-Joseph pour cet éclairage qui me paraît tellement important et essentiel pour des âmes qui recherchent la volonté du Père. Une conscience éclairée est bien celle qui a besoin d’un « aliment » comme l’oraison, ainsi qu’un accompagnement régulier pour vérifier qu’elle ne se leurre pas elle-même. En union de prière.

    #4376
    Jacqueline
    participe

    Oui, merci Marie-Joseph, avant de voir ton message, je voulais répondre à Jean-Luc un peu dans le même sens. Prendre du temps dans l’oraison, ce cœur à cœur avec Jésus en se laissant conduire par l’Esprit est primordial pour assumer notre vie chrétienne, notre vie qui tend à la sainteté, à ne désirer que vivre selon la volonté du Père. Et comme le dit Paul-Henri, l’accompagnement est nécessaire pour nous guider dans le discernement sur ce chemin.
    L’oraison est une puissance qui nous garde dans l’espérance malgré nos faiblesses, nos chutes, parce que Jésus a donné sa vie pour nous sauver. Il est Ressuscité, vainqueur de tout le mal. N’ayons pas peur. La Miséricorde de notre Père du Ciel est infinie et sans limite. Il nous le montre dans la parabole de l’enfant prodigue.

    #4378
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Merci à Paul-Henri et Jacqueline pour cette précision : en effet, pour ne pas s’illusionner, l’accompagnement spirituel est essentiel. Il permet de prendre une distance avec soi-même et de faire un discernement. Avoir un vis-à-vis qui permet d’échanger sur la vie spirituelle est une grande grâce. Thérèse d’Avila donne les critères d’un bon accompagnateur spirituel : un homme d’expérience, de doctrine et engagé dans la vie spirituelle. Si elle ne pouvait toujours trouver de telles qualités chez un accompagnateur, elle mettait sa préférence pour quelqu’un de versé dans les Écritures, car la vie spirituelle consiste précisément à actualiser l’Évangile dans sa vie. Et comme l’écrivait S. Jean de la Croix, on ne peut imiter le Christ sans connaître les Écritures. Thérèse affectionnait aussi la lecture des vies de saints, car elle y trouvait d’éminents exemples de vie évangélique à toutes les époques de l’histoire. Nous avons besoin de tels exemples. Et c’est ce que fait l’Église en canonisant des saints pour les donner en exemple. Que la fête de la Toussaint nous remplisse de joie et de lumière par la présence de ces innombrables saints et amis qui nous accompagnent !

    #4420
    Jacqueline
    participe

    Ce soir durant le temps d’Oraison, l’Esprit Saint m’a fait comprendre un peu plus que ce cœur à cœur avec Jésus transforme ma vie. Expérience d’être enveloppée d’un Amour si fort, comme plongée dans mon baptême. J’étais dans une paix et une joie qui m’ont été données, accueillies tout simplement. Ce qui ne veut pas dire que la souffrance a disparue. Mais c’est fort de vivre une profonde paix et joie au cœur de la souffrance. Mon cœur habité par l’amour a eu une répercussion sur une personne avec qui j’avais des difficultés de relation, qui a eu un geste d’amour gratuit.
    Ce beau temps de l’Avent est un temps de grâce, de conversion, pour se laisser conduire par l’Esprit avec Marie, pour accueillir Celui qui désire vivre une nouvelle naissance chaque jour et spécialement le jour de Noël.

    #4568
    Simon
    participe

    Bonjour,
    Je suis un nouveau membre. Je voudrais des conseils pour débuter l’oraison.

    #4570
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Bienvenue Simon ! J’ai écrit un livre sur « L’oraison selon Thérèse d’Avila et Jean de la Croix » qui enseigne l’oraison. Je vais t’envoyer gratuitement par email deux chapitres de ce livre : le chapitre 2 qui définit ce qu’est l’oraison et le chapitre 3 intitulé « La pratique de l’oraison ». Après avoir lu ces deux chapitres, reviens sur le forum pour que nous puissions répondre plus précisément à tes questions. Le forum permet de faire profiter à tous de nos échanges sur l’oraison. Pour les questions jugées plus personnelles, il faut utiliser le menu Contact. En union de prière !

    #4586
    Jacqueline
    participe

    Durant ces jours vécus au Monastère de Géronde, mon oraison s’est faite plus intense et m’a fait entrer dans le silence de tout mon être dans l’écoute de l’Esprit Saint. Joie de découvrir toujours plus profondément combien Jésus nous aime jusqu’à livrer sa vie jusqu’au bout de l’amour pour le salut de tous les hommes qui l’accueillent comme leur Sauveur ! Il a ouvert mon cœur au don du service, dans une profonde joie. L’oraison est un chemin de guérison intérieure, pour sortir de soi et se donner à l’autre de diverses manières que nous montre l’Esprit-Saint. Expérience de paix, de joie, de désir de vivre dans le silence habité. Vie qui se reçoit et se donne.

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