S’entraider dans la pratique de l’oraison.

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7 sujets de 1 à 7 (sur un total de 7)
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    Messages
  • #3806
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Voici un nouveau forum pour nous entraider dans notre pratique de l’oraison. Je vous invite à partager vos questions, vos témoignages, vos joies et vos difficultés dans l’oraison. Ensemble, nous pourrons mieux comprendre concrètement le chemin de l’oraison, nous entraider et vivre dans la joie d’une intimité toujours plus profonde avec le Ressuscité, dans la communion de l’Église. Puissions-nous vivre une nouvelle Pentecôte !

    #3928
    Jacqueline
    participe

    Durant mon oraison en ce 2 juillet, accompagnée par l’Esprit Saint, je suis entrée assez rapidement dans ce château intérieur de mon être, avec toute ma souffrance. Jésus m’a invitée à lui donner ma vie avec tous ses combats.
    Après ce don de ma vie telle qu’elle est, Jésus m’a redit combien il m’aimait d’un amour fou, sans condition. Que j’avais du prix à ses yeux ; qu’il avait livré sa vie par amour pour moi. Ma souffrance n’est pas vaine, elle a du prix, unie à la sienne. Jésus m’a fait comprendre que je n’étais pas seule, qu’il la vivait en moi et avec moi.
    Je suis entrée dans une plus grande paix et un silence profond, bienfaisant, ne faisant qu’un seul cœur avec Jésus et Marie, ma maman du Ciel. Leur amour m’enveloppait et m’ont introduit dans un repos bienfaisant en leur présence, dans le cœur du Père de miséricorde et de tendresse. J’ai eu du mal à sortir de ce temps d’oraison dans lequel j’étais bien.
    Merci Jésus, merci Marie ma maman du Ciel !

    #4303
    Jean-Luc
    participe

    J’ai appris qu’il y a différents moments dans la vie d’oraison : parfois c’est la consolation, parfois nous sommes placés devant le silence de Dieu… J’aimerais savoir quelle est l’importance de la fidélité à la régularité dans la vie de prière. Dans les monastères, les moines et les moniales sont « astreints » à une règle qui définit précisément le temps qu’ils doivent consacrer à la prière. Mais qu’en est-il pour les laïcs? Est-il nécessaire de se garder quotidiennement un temps de prière et d’y être fidèle? N’y a-t-il pas un danger, en dernière analyse, que le moment de prière devienne une obligation de plus à remplir sur la liste des choses que nous devons accomplir?

    #4305
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Pour répondre à ta question, cher Jean-Luc, il faut d’abord bien comprendre ce qu’est l’oraison: une profonde relation d’amour avec ce Dieu qui nous aime tant. Qui dit amour, dit fidélité. Ceux qui s’aiment désirent être ensemble, c’est toute la dynamique de l’oraison. Faut-il alors la comprendre comme une obligation? Oui et non. Oui, dans le sens que la fidélité quotidienne à l’oraison va beaucoup m’aider à progresser, malgré les hauts et les bas de mon expérience. L’obligation a du bon, car elle permet de surmonter mon inconstance. D’un autre côté, plus je pratique l’oraison, moins je la sens comme une obligation, mais comme une évidence inhérente à l’amour. Aujourd’hui, au Carmel, c’est la fête de la transverbération du cœur de S. Thérèse d’Avila (voir Vie, ch. 29, 13): L’ange transperce le cœur de Thérèse et l’enflamme de l’amour divin. Puissions-nous fidèlement pratiquer l’oraison jusqu’à brûler de l’amour de Dieu! Mais, bien sûr, la vie spirituelle n’est jamais faite de rigidité. Il ne faut pas m’astreindre à une obligation pesante. Je vais chercher ce qui me convient le mieux, ce qui me porte à aimer et avec une certaine souplesse. Les laïcs n’ont pas à imiter les religieux. Sainte Thérèse louait la liberté dont jouissent les laïcs. Que cette liberté nous porte à aimer de plus en plus! Car sans liberté, il n’y a pas d’amour.

    #4306
    Jean-Luc
    participe

    La difficulté que j’éprouve à respecter avec fidélité le cadre de prière que je me suis fixé met à jour ma difficulté à m’abandonner à cette relation d’amour avec Dieu. Cette relation est vivante, et je me rends compte que je dois surmonter mes résistances : je me sens tellement indigne! Peut-être, paradoxalement, est-ce un signe d’un manque d’humilité de ma part… Je me demande souvent si je ne compte pas trop sur mes propres forces ou si mon « ego » ne prend pas trop de place… Ma difficulté à respecter le cadre de prière reflète directement cette lutte où je dois surmonter ce sentiment d’indignité tout en éprouvant, dans le même temps, cet attrait pour la fidélité quotidienne à l’oraison.

    #4308
    Marie-Joseph
    Modérateur

    Ton message me fait penser au même sentiment que sainte Thérèse d’Avila a eu durant une période de sa vie: elle se sentait tellement indigne devant la grandeur de Dieu, qu’elle n’osait plus se présenter devant Dieu. Pendant une année, elle avait abandonné l’oraison pour cette raison! Ce qu’il faut, pour surmonter cette épreuve, c’est comprendre qui est véritablement ce Dieu révélé par Jésus Christ : c’est un Dieu qui va à la recherche des pécheurs, poussé par une immense compassion, une infinie miséricorde. Au point qu’il va laisser les 99 justes (aux yeux de la Loi) pour rechercher la brebis perdue. Notre indignité, loin de le rebuter, attire sa miséricorde! Tout en nous l’attire, la beauté qu’il y a mise en nous créant à son image, en nous revêtant de Jésus Christ à notre baptême, mais aussi notre misère. D’autre part, il faut bien comprendre quelle doit être notre réponse. Elle n’est pas faite de pratiques à la manière du pharisien, mais de se disposer à accueillir Celui qui peut nous sanctifier. Seul l’Esprit Saint nous sanctifie, c’est l’Esprit qui jaillit du Cœur miséricordieux du Christ qui va mettre en nous le feu sacré de l’amour, pour que nous ne fassions plus qu’un seul cœur avec le Cœur du Christ. Tout l’art de l’oraison consiste en cet accueil actif, où mon intelligence accueille la lumière divine et ma volonté l’amour divin qui va l’enflammer. Je ne suis plus alors centré sur moi et mon humilité réside dans la conscience que j’ai tout à recevoir et que le bien que je puis faire est l’œuvre de Celui qui crée en moi l’homme nouveau. Si je fais le bien, c’est grâce à Dieu qui a triomphé en moi. Je suis désormais centré sur Celui qui m’aime et me sanctifie pour que je puisse l’aimer en retour (cf. 2 Co 3, 18).

    #4310
    Jacqueline
    participe

    Marie-Joseph, merci pour ta réponse à Jean-Luc. C’est l’expérience que j’ai faite ce soir pendant l’oraison. Je me suis laissée habiter par Celui qui m’aime d’un amour fou, malgré mes faiblesses, ma détresse parfois. Ce soir, j’ai vraiment fait l’expérience que lorsque j’ouvre la porte de mon cœur dans la confiance, pour accueillir l’œuvre de l’Esprit qui me met dans ce cœur à cœur avec Jésus et le Père, je ne pense plus à moi mais à celui qui me sanctifie, me guérit, m’élève à son niveau et fait des merveilles et nos cœurs ne font plus qu’un dans un échange d’amour mutuel. Oui, j’ai tout à recevoir, à accueillir et accepter de recevoir, de me laisser modeler.

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