
20e Dimanche du temps ordinaire
16 août
« Femme, grande est ta foi ! » (Mt 15, 21-28)
Une femme supplie Jésus pour sa fille et celui-ci ne lui répond rien… Jésus ne semble-t-il pas parfois rejeter notre prière ou être insensible à notre détresse ? L’Évangile d’aujourd’hui nous apporte un témoignage d’une grande force face à de telles situations.
Une Cananéenne, c’est-à-dire une païenne, ne se lasse pas de prier et de supplier Jésus. Elle est convaincue au fond d’elle-même que Jésus à un cœur et qu’il sera touché de compassion. Par son insistance, elle semble forcer Jésus à élargir son Salut aux nations païennes. Et si Jésus semble insensible, c’est pour mettre en lumière l’importance de la foi et de la persévérance de cette femme.
Par la guérison de sa fille, Jésus va manifester au monde que Dieu a compassion de tous les hommes et qu’il est plein de miséricorde.
Déjà le prophète Isaïe nous révèle le projet de Dieu : ouvrir sa Maison à tous les hommes qui font Alliance avec lui : « Ma Maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples ». La prière fervente et sincère ouvre les portes du Ciel. La Cananéenne nous montre la puissance de la prière.
Saint Paul va plus loin encore en découvrant comment se réalise le Salut. En méditant sur le refus d’une partie d’Israël d’accueillir le Christ, il se souvient que les premiers chrétiens ont été chassés de leurs villes et sont allés annoncer la Bonne Nouvelle aux nations d’alentour. Le refus des uns a provoqué le salut des autres ! Dieu nous a créés dans la faiblesse. Il aurait pu nous créer meilleurs que nous sommes. Mais c’est pour mettre toute notre espérance dans la miséricorde du Seigneur. Alors saint Paul s’exclame : « Dieu a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde ! » Telle est en réalité le dessein de Dieu : que nous entrions dans la vraie relation entre l’homme et Dieu, en reconnaissant humblement notre fragilité et notre dépendance. Nous ferons alors l’expérience d’un Dieu qui accueille notre faiblesse, qui nous libère, nous relève et nous glorifie. Il nous révèle ainsi sa miséricorde sans limite. Comme la Cananéenne, tournons-nous vers Jésus. Cette miséricorde a un visage, c’est Jésus, l’incarnation de la miséricorde divine. Proclamons la miséricorde du Christ, annonçons-la jusqu’au bout du monde ! Attachons-nous à Jésus. Il nous a donné aussi sa Mère pour que sa tendresse se manifeste à travers celle qui est pure transparence de la tendresse maternelle de Dieu. En effet, c’est souvent Marie qui ouvre les portes de l’évangélisation.
Notre monde est traversé par des épreuves de toutes sortes et beaucoup doutent de Dieu parce qu’ils se sentent abandonnés par lui. Pourtant, quand nous rencontrons des personnes éprouvées par de grandes épreuves, elles ne sont pas forcément révoltées. Nombreuses sont celles qui ont rencontré au cœur de l’épreuve, d’une façon imprévue, la miséricorde divine. Le vrai défi est bien de se tourner inlassablement vers le Christ, comme la Cananéenne et, peu à peu, nos ténèbres se changeront en lumière.
La vie est parfois plus difficile que prévu, mais Dieu nous attend inlassablement pour que nous puissions nous appuyer sur lui, pour que nous puissions rendre notre vie plus belle, plus pleine d’amour et de miséricorde !
Que cette communion au Christ ressuscité nous fortifie dans notre vie de prière et de solidarité, pour nous avancer dans la confiance et dans l’espérance, unis au Christ, notre joie. Amen !
Prière universelle
- Pour que l’annonce de l’Évangile soit accueillie partout comme une Bonne Nouvelle pour le monde entier. Dieu, notre Père, nous te prions.
- Pour que la lumière de l’Évangile illumine de nombreux jeunes dans notre diocèse. Dieu, notre Père, nous te prions.
- Pour ceux qui traversent une épreuve : qu’ils mettent leur foi en Dieu, persévèrent dans la prière et trouvent un soutien dans leur entourage. Dieu, notre Père, nous te prions.
- Pour nous tous ici réunis : que la célébration de ce jour nous fasse grandir dans la foi, l’espérance et l’amour de tous ceux et celles que nous côtoyons. Dieu notre Père, nous te prions.
Assomption de la Vierge Marie
15 août 2026
« Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)
Cette fête nous parle à la fois de Marie et de notre destinée. Quelle merveille !
Au Ciel, nous serons comme l’Immaculée. Marie nous précède et nous montre le chemin. En mettant nos pas dans ses pas, en unissant notre cœur au sien, nous accomplirons pleinement notre destinée. Nos grands désirs seront réalisés et nous rayonnerons comme les astres dans le Ciel.
Marie, la première, par son Assomption, accomplit dans toute sa plénitude sa mission : elle est vraiment devenue notre Mère. Elle l’est devenue d’abord en enfantant le Premier-né d’entre les morts, elle l’est devenue spécialement à la Croix, dans les douleurs de l’enfantement d’un monde nouveau. « Voici ta mère », dit Jésus au disciple bien-aimé. Elle a accompli au pied de la Croix la prophétie de la Genèse : La Femme écrasera la tête du serpent. Marie est la Mère de l’Église. Elle nous engendre par l’Esprit Saint dans le Christ, pour que nous soyons fils et filles de Dieu.
Marie est revêtue de soleil : elle est remplie de la vie divine. Elle est couronnée de douze étoiles : elle est la reine de l’Église. Elle tient la lune sous les pieds : elle domine le temps et les ténèbres.
Cette vision de l’apôtre saint Jean dans l’Apocalypse représente aussi l’Église. Elle est étroitement associée au triomphe de Marie, sa Mère. Marie a souffert au pied de la Croix, comme l’Église souffre dans sa traversée terrestre. Mais c’est une souffrance d’enfantement qui engendre l’humanité nouvelle. Jésus lui-même a comparé ses disciples à sa mère, car nous engendrons le Christ par notre amour et notre prière.
Maternité veut dire proximité. Une mère l’est vraiment qu’avec son cœur et son corps. Nous fêtons celle qui est entrée corps et âme dans la gloire du Ciel. En entrant en sa présence par la porte de la prière, nous faisons l’expérience de sa proximité maternelle.
Vivons avec elle. Nous sommes créés pour le Ciel. Nous avons vitalement besoin d’une telle mère et d’un tel Père céleste. Si Dieu est aussi une mère pour nous, il a voulu nous donner Marie, qui incarne pleinement cette maternité divine et profondément humaine dont nous avons besoin. Avec Marie, nous découvrons le bonheur d’être enfant de Dieu. En étant enfants de Marie et enfants du Père, nous réalisons ainsi notre véritable identité. Une identité pleine de gloire et de promesse.
Si nous ne vivons pas dans cette appartenance, notre vie devient beaucoup trop terre à terre et déprimante. Thérèse d’Avila disait qu’ici-bas nous ressemblons à des chenilles qui avancent en se traînant… Mais la vocation de la petite chenille, c’est de devenir un beau papillon qui vole librement dans le vent de l’Esprit Saint ! Et nous vivons déjà cette réalité par notre appartenance et notre identité d’enfants de Dieu et de Marie.
Nous portons en nous, croyant ou incroyant, le désir naturel du Ciel. Ne refoulons pas ce désir, mais, au contraire, vivifions-le, découvrons Marie auprès de nous. Elle vivait comme nous sa foi au quotidien. Elle nous précède. Avec elle, nous renaîtrons en enfant de lumière et nous rayonnerons de joie dès ici-bas pour notre joie et la joie de ceux qui nous entourent.
Avec Marie, vivons au quotidien l’Évangile et notre vie sera un Magnificat, une louange à la gloire de Dieu. Amen !
Prière universelle
- Pour l’Église, humble servante de l’Évangile et de l’humanité. Avec Marie, attentive à ta Parole, nous te prions Seigneur.
- Pour les hommes et les femmes dans le besoin, pour les malades, les opprimés, les persécutés. Avec Marie, debout au pied de la croix, nous te prions Seigneur.
- Pour toutes les mamans de la terre. Avec Marie, la mère du Christ et notre mère, nous te prions Seigneur.
- Pour notre pays, ses dirigeants et tous ses habitants. Pour la paix dans le monde, avec Marie, Notre-Dame de la Paix, nous te prions Seigneur.
P. Marie-Joseph Huguenin
Lectures bibliques du jour sur www.aelf.org