Homélie du dimanche et des fêtes

4e Dimanche de carême

30 mars

« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » (Lc 15, 1-32)

Méditons en ce dimanche cette parabole de l’enfant prodigue et découvrons ses profondeurs lumineuses comme une mine pleine de richesses.

Le plus jeune, le plus inconscient, demande sa part d’héritage et quitte la maison paternelle, comme si son père était déjà mort pour lui. Le Père lui donne tout, comme s’il lui donnait sa propre vie. Mais le fils gaspille tout et mène une vie de désordre. Il est comme déséquilibré. L’homme qui se coupe de Dieu, perd son équilibre.

Arrivé au bout de sa misère, il cherche de nouvelles alliances, mais elles sont comme des chaînes. Il s’embauche chez un homme qui l’envoie garder les porcs. Le manque, la faim le tenaille, faim d’amour, de reconnaissance, de dignité.

Alors il rentre en lui-même… Attitude remarquable ! Il n’est plus dans la fuite. Il se regarde en face. Il fait une introspection, un examen de conscience. Qu’ai-je fait, qui suis-je ? Il se pose la question de son identité. Question fondamentale !

Il ne sait plus vraiment qui il est. En se coupant du Père, il a perdu son identité. Et cette perte d’identité l’a conduit dans la débauche et la misère. Il se rappelle pourtant qu’il a un père qui l’aime. Alors, « il se relève » : en grec, c’est le même verbe que « ressusciter ». Et il décide de retourner chez son Père.

À peine en route, le Père le voit de loin, court vers lui et le couvre de baisers. Attitude bouleversante dans laquelle nous pouvons discerner le sacrement du pardon, de la miséricorde divine qui vient nous envelopper, nous guérir de nos blessures et nous réconcilier avec le Père.

En retrouvant son Père, le fils retrouve son identité et sa dignité. Il reçoit une bague au doigt, signe de son alliance et de son appartenance. Il est revêtu de la plus belle robe, qui est le manteau de lumière, le manteau de la grâce. Il ne va plus nu-pieds comme un esclave, mais il reçoit des sandales en signe de dignité et de partage de la gloire du Père. La fête de la communion retrouvée peut commencer. C’est la fête de la communion eucharistique qui succède à la réconciliation. L’enfant prodigue fait l’expérience bouleversante de l’amour inconditionnel de son Père et de la puissance de sa miséricorde qui lui donne une gloire insoupçonnée.

Aujourd’hui, beaucoup pensent qu’il n’est pas nécessaire de se confesser parce que Dieu nous aime et qu’il nous pardonne. Oui, il nous pardonnera toujours. Mais cela ne suffit pas. Il faut encore être guéri des blessures du cœur, et revenir dans la maison du Père, pour retrouver sa dignité et le pouvoir d’aimer. C’est ce que fait le sacrement. Il est une grâce de guérison et rétablit ou renforce l’alliance avec Dieu dans le don de l’Esprit Saint. Celui qui s’est confessé, il faudrait le couronner en signe de royauté retrouvée. L’Église nous donne deux sacrements de guérison : pour l’âme, le sacrement de réconciliation et pour le corps, l’onction des malades. Par ces sacrements, l’homme retrouve la vie et le bonheur. La mort elle-même est transfigurée : elle devient une porte par laquelle on entre dans la maison du Père.

Se couper de Dieu, c’est prendre un chemin de misère avec d’incalculables conséquences négatives, comme on le voit dans le monde d’aujourd’hui trop coupé de Dieu. L’homme qui communie à la vie de Dieu trouve en lui la liberté et la joie de vivre. Comprenons bien cela : se séparer de Dieu, c’est perdre sa liberté et sa dignité. Vivre avec Dieu, c’est trouver la liberté et la dignité. « Tout ce qui est à moi est à toi, dit le Père au fils aîné » : Le Père n’a d’autres désirs que de nous donner de partager sa vie et sa gloire ! Dieu est notre Père, en qui nous devenons fils et fille de Dieu ! En ce dimanche de la joie, partageons l’immense joie du Père qui a vu son fils revenir à lui. Amen !

Prière universelle

  • Père d’infinie miséricorde, penche-toi sur notre monde blessé et fais-nous revenir par ton Fils bien-aimé, qui a pris sur lui nos péchés. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Père d’immense bonté, fais de ton Église une communauté où tous peuvent trouver soutien et réconfort. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Père d’infinie compassion, fais que ceux qui souffrent dans notre entourage se tournent vers toi et trouvent des amis. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Père plein de tendresse, Toi qui nous réunis pour la fête de l’amour divin, fais que notre célébration nous rassemble dans la communion et nous rapproche de toi. Dieu, notre Père, nous te prions.

P. Marie-Joseph Huguenin

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