Pastorale

Homélie du dimanche et des fêtes

25e Dimanche du temps ordinaire

« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20, 1-16)

Les ouvriers de la première heure auraient dû se réjouir comme les autres de voir que les derniers recevaient autant qu’eux. Le Père manifestait ainsi son immense générosité. Dieu ne calcule pas, il donne sans compter, car il nous aime. Celui qui aime se donne totalement. En donnant son Fils, il nous a tout donné et il s’est donné lui-même avec l’Esprit Saint.

Les Pères de l’Église ont vu dans cette pièce d’argent remise par le Père à tous, le Christ lui-même, « effigie de sa substance et resplendissement de sa gloire ». En effet, nous tous, qui que nous soyons, nous avons reçu pour preuve de l’amour inouï du Père, le don de son Fils. Jésus s’est donné à tous et nous pouvons tous le recevoir, si nous le désirons.

Ce don de Dieu n’est pas le résultat de notre travail, de notre générosité, de nos mérites. Non, car pour faire quelque chose de bien, même tout petit, il faut d’abord en recevoir la capacité et cela vient de Dieu. Dieu est toujours le premier, c’est lui qui donne, gratuitement, la vie et tous les biens de ce monde. En son Fils, il nous a vraiment tout donné. Comme dit saint Jean, il nous a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

Ce qui est très beau dans cette parabole, c’est d’abord de nous révéler l’immense générosité de Dieu, mais aussi de comprendre que si nous ne sommes pas égaux dans les dons et les capacités de chacun, tous reçoivent la même récompense, c’est-à-dire le Christ lui-même. Faut-il encore, certes, accepter de travailler à la vigne du Seigneur, c’est-à-dire s’engager à faire le bien.

Mais qui sont ceux qui travaillent à la vigne du Seigneur ? Ce sont d’abord ceux qui prient le Seigneur de leur donner le don d’aimer, c’est-à-dire le don de l’Esprit Saint. Ceux qui accueillent le don de Dieu, ce sont donc ceux qui accueillent d’abord l’Esprit de Dieu, parce qu’il ont compris que, sans Dieu, ils ne peuvent rien faire de bien. En effet, ceux qui vivent dans l’Esprit Saint imitent Dieu par leur amour, leur générosité, leur miséricorde.

Alors, il y a deux sortes de récompenses. La première, c’est la joie de vivre et de travailler dans la vigne du Seigneur. Nous pouvons y grappiller tous les fruits de l’Esprit : l’amour de Dieu et l’amour fraternel, la joie, la paix, le sens de notre dignité et de la dignité des autres. Comprenons donc que c’est un grand don, une grande joie et un privilège de travailler à la vigne du Seigneur. Construisons ensemble le royaume. Trop souvent nous entendons encore aujourd’hui : l’Église, c’est l’affaire des autres, des curés… Il n’y a pas de plus grand bonheur que de construire le royaume où nous vivons, en famille, au travail, en paroisse. Travailler à la vigne du Seigneur, c’est l’affaire de tous les instants, par notre charité, notre louange, nos paroles qui donnent vie, joie et paix. La deuxième récompense, est la récompense éternelle, qui dépassera tout ce que l’on peut imaginer. Nous serons plongés dans la surabondance de l’amour divin, dans sa lumière et sa miséricorde.

En cette eucharistie, nous recevrons chacun par avance cette pièce d’or lorsque nous recevrons l’hostie entre nos mains. C’est le Christ qui se donne maintenant. Il se donne pour que nous nous donnions, pour que nous devenions eucharistie. Exultons, soyons dans la joie et débordons de reconnaissance.

Prière Universelle

  • Dieu, notre Père, en cette célébration, tu nous manifestes ton immense miséricorde. Fais que le monde découvre dans l’Église cette présence maternelle qui donne à tous les hommes la capacité de te rencontrer et de porter du fruit. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Dieu, notre Père, donne à ton Église, à nos familles, d’être le lieu où se manifestent ta miséricorde et ta Présence dans la prière et dans l’amour fraternel. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Dieu, notre Père, tu connais la souffrance des exclus, des laissés pour compte, qui se sentent impuissants. Viens manifester la force de ta Présence et le secours de l’amitié fraternelle. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Dieu, notre Père, donne à notre communauté d’être accueillante pour que tous, petits et grands, puissent servir le Seigneur d’un cœur généreux. Dieu, notre Père, nous te prions.

P. Marie-Joseph Huguenin

Lectures bibliques du jour sur www.aelf.org