Pastorale

Homélies du dimanche et des fêtes

13e Dimanche du temps ordinaire

26 juin

« Pars, et annonce le règne de Dieu » (Lc 9, 51-62)

Saint Luc, dans cet Évangile, vois en Jésus le nouvel Élie, le grand prophète des temps nouveaux. Jésus monte à Jérusalem où il sera élevé au Ciel comme le prophète Élie. Comme Élisée qui s’était mis à la suite d’Élie, voici des hommes qui désirent se mettre à la suite de Jésus. De tout temps, il y a eu des hommes et des femmes qui ont tout quitté pour suivre Jésus.

Première différence avec le prophète Élie, Jésus refuse la violence et accepte de se soumettre à la volonté des Samaritains qui ne veulent pas l’accueillir. Cette soumission à la volonté des hommes va conduire Jésus à la Croix. C’est dire à quel point il nous rend responsables de nos actes. Il nous laisse libres jusqu’au bout, libres de le suivre ou libres de le rejeter. Mais il ne se détournera jamais des hommes. Il leur offrira toujours son pardon et sa miséricorde. Sur la Croix, il est allé jusqu’à s’identifier au pécheur pour qu’il se retourne vers lui. Il nous aime d’un amour inconditionnel comme un père aime ses enfants.

« Je te suivrai partout où tu iras », dit l’un d’eux. Jésus ne lui promet pas en retour une vie tranquille. « Le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » Réponse paradoxale, car si le Christ nous empêche de nous installer, il nous offre en retour un repos beaucoup plus sûr et profond. Beaucoup cherchent le confort, mais sont mal dans leur peau. Si nous suivons Jésus, c’est-à-dire si nous vivons chaque jour avec lui dans une profonde amitié, quoiqu’il arrive, nous cheminons dans un repos intérieur, qui nous donne des énergies nouvelles pour nous investir dans la construction du Royaume.

« Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père ». Jésus lui répond : « Laisse les morts enterrer les morts ; toi, va annoncer le royaume de Dieu. » Comme dira Jésus, le Dieu d’Abraham n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. Il l’envoie annoncer l’espérance de la vie éternelle. À mon avis, le texte grec permet de traduire aussi : « Va leur annoncer le royaume de Dieu ». Il invite ainsi le disciple à ne pas s’enfermer dans la perspective de la mort, mais de la vie éternelle, plus forte que la mort. Le disciple entre aussi dans une nouvelle vie, car il passe de sa filiation avec son père terrestre à celle qu’il reçoit du Père céleste.

« Je te suivrai, mais laisse d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison ». Jésus lui répond en l’avertissant de ne pas regarder en arrière, c’est-à-dire de ne pas s’enfermer dans le passé, mais d’entrer dans la perspective de l’avenir qui s’ouvre devant lui à la suite du Christ. En effet, le chrétien est témoin d’une grande espérance. Si nous avançons dans la vie en nous appuyant sur le Christ, nous serons en mesure d’affronter la nouveauté de l’avenir. Le Christ nous libère de l’anxiété, car il nous accompagne jour après jour jusque dans la résurrection. Rien ne l’arrête. Les épreuves comme les joies, tout devient fécond et source de croissance spirituelle dans notre union au Christ ressuscité.

Ainsi, en ce début de l’été, Jésus nous invite à trouver le repos en lui, à témoigner que nous sommes enfants de Dieu, lui qui nous ouvre les perspectives de l’accomplissement de notre vocation d’homme et de femme, à l’image de Dieu.

Profitons du temps qui nous est donné durant ces vacances pour puiser à la Source d’eau vive, par des lectures de la Parole de Dieu, d’auteurs spirituels, par des retraites ou simplement des célébrations de l’eucharistie, où le Seigneur lui-même vient au-devant de nous. Plus nous approfondirons notre foi, plus nous en serons émerveillés. Amen !

Prière universelle

  • « Je te suivrai partout où tu iras » : pour que des hommes et des femmes de plus en plus nombreux, quel que soit leur état de vie, s’engagent à vivre l’Évangile à la suite du Christ. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • « Toi, va annoncer le royaume de Dieu » : qu’en cette période de vacances et de repos nous puissions approfondir notre relation à Dieu et témoigner joyeusement du Royaume. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Pour tous ceux de notre entourage qui souffrent dans leur cœur : que nous puissions par notre proximité témoigner de l’amour du Christ. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Pour nous tous ici réunis : réconfortés et fortifiés par le Pain du Ciel, que nous soyons des hommes et des femmes d’espérance pour notre monde. Dieu, notre Père, nous te prions.

P. Marie-Joseph Huguenin

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