La souffrance (du 6 au 26 février 2006)

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Je hais la souffrance. Je souffre. La réponse à la question pourquoi est d’une tristesse infinie : « Parce que Dieu t’aime ». C’est du masochisme à l’état pur.
Quelle est votre réponse à cette affirmation ?

Par: Didier (06/02/2006)


La souffrance pourrait être haïssable si elle venait de Dieu. Elle nous révélerait un Dieu qui nous ferait souffrir, en définitive un Dieu haïssable. Beaucoup rejettent Dieu à cause de cette croyance sans doute très répandue. La Révélation chrétienne a clairement rejeté cette conception en affirmant : « Dieu est Amour, Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres ». Dieu est opposé à la souffrance, mais il a pris le risque d’assumer la souffrance, liée à la condition humaine. Jésus s’est identifié à l’homme souffrant pour qu’il puisse se reconnaître en lui et faire ainsi de son tourment une souffrance d’enfantement. L’homme qui souffre démontre à son insu qu’il est créé pour un monde de justice et d’amour.

Par: P. Marie-Joseph (07/02/2006)


Rien ne peut justifier la souffrance, qu’elle soit physique ou existentielle. Aucune créature n’existe pour souffrir et la vie est un cri, un désir d’exister pour le bonheur, la beauté, la joie, la sérénité, le rire, le partage, l’accueil, le don, pour créer, et donc l’Amour… Nombreux sont ceux qui s’interdisent au fond de leur cœur, ce cri, ce désir.

Par: Michelle Foucault (07/02/2006)


Didier, Dieu vous aime pour que vous souffriez moins, que vous soyez davantage vivant, épanoui, heureux, (que vous compreniez, intégriez, acceptiez mieux votre vie dans toutes ses composantes- et Il (Dieu)sait!:-) si ce n’est pas facile! Il comprend vos souffrances,jusqu’à leurs pires, inexprimables, inavouables peut-être contingences… jusqu’aux infimes recoins de votre âme. Il les porte avec vous et les transfigure par petites touches, même si vous ne vous en rendez pas compte pour l’instant dans votre désespoir (?!) )… Votre vie est unique, précieuse- même si vous avez en ce moment de la peine à le croire- avec également et surtout toutes ses beautés, richesses encore cachées à vos yeux et à votre coeur, mais qu’Il connaît et voit, veut faire jaillir de toute éternité!… la Vie, pleine, incandescente et irrépressible qu’Il veut vous donner…: Tout au contraire de votre affirmation dont je me demande bien d’où elle peut sortir! Si c’est ce qu’on vous a dit du sens de la souffrance et/ou de l’Amour de Dieu, ou ce que vous en avez compris, je comprends que vous soyez révolté et vous pouvez l’être! Courage Didier. Et surtout prenez du temps, régulièrement, avec Lui. Nul besoin de beaucoup de paroles. Regardez-le juste en silence, même si ce n’est qu’avec rage et incompréhension, même si elles vous habitent encore et encore. Il les connaît, les accueille, vous les redonnera en joie. Vous serez étonné de ce qu’Il vous révèlera avec délicatesse, mais force, vérité et constance… votre constance aussi. Parce qu’Il respecte infiniment votre liberté. Amitiés

Par: Alessandra Rausis (08/02/2006)


Au Père Marie Joseph,
Puisque Dieu n’est pas la source de la souffrance, d’où vient – elle ? Pourquoi la tolère – t – Il? Pourquoi l’assume – t – Il? En plus, c’est un terrible chemin pour être approché par Dieu. Je le déteste.

A Michèle Foucault, je concède le point de l’interdiction « de ce cri, de ce désir ». C’est d’une grande finesse d’observation. Je connais cet interdit. Il est alors un refus de la Vie. Il est un rejet de Dieu selon la réponse du Père Marie Joseph. Quand la Vie vous fait mal, comment faites-vous pour lui dire tout de même oui ?

A Alessandra Rausis, je concède beaucoup de finesse et d’intelligence. Mon affirmation sort d’au moins deux personnes de mon enfance, posées comme « très chrétiennes », et se sortant par cette pirouette de la question de la souffrance. Je comprends que, selon vous, ma vie a beaucoup de valeur aux yeux de Dieu. La finesse de votre réponse me pousse à vous faire confiance. Pour le reste, j’admets avoir de la peine à vous croire.

Chacun a sa façon, m’a impressionné dans sa réponse. Je ne suis pas au clair sur ce point et je vous remercie tous les trois.

Par: Didier (08/02/2006)


Cher Didier, c’est vrai que le refus de la vie est aussi le rejet de Dieu, non pas Dieu endimanché de toutes nos caricatures conditionnées, mais Dieu en son essence. « Il est le chemin, la vérité et la vie »…
La peur de la vie et la peur de la mort font mal, le vide fait mal, le non-sens fait mal, le sentiment d’abandon fait mal, la non reconnaissance fait mal, les maladies, que l’on porte comme une marque héritée ou comme exutoire, auxquelles on s’attache inconsciemment et fidèlement, l’absence d’amour fait mal et la présence de l’amour, souvent, impressionne ou fait peur…
La Vie, elle, ne fait pas mal, elle n’apporte que du bien et elle déborde abondamment de son expression terrestre, elle est nouveauté à chaque respiration, chaque sourire, chaque soupir, chaque lâcher prise, elle est surprenante, elle défie la routine… Elle est amour ! Qui que ce soit s’abandonne en elle attire le monde.
Vous avez cette vie en vous et vous avez votre pierre à poser dans le grand édifice que chaque humain invente par l’expression de son ou ses charismes… Cette pierre, la vôtre, personne ne peut l’apporter sinon vous. Si vous ne le faîtes pas, elle sera manquante, rien ne la remplacera. Vous avez toute votre vie pour la donner et plus tard votre ciel, et si vous commenciez dès maintenant.
« Tout commence par un rêve », quel est ou quel fut le vôtre ?
Osez vos rêves, osez vivre, osez ! « Laissez les morts enterrer les morts » Le Seigneur vous appuie et vous autorise à vivre libre et libéré, dites « oui », vous avez tout à y gagner.

Par: Michelle Foucault (08/02/2006)


Les questions que tu me poses Didier sont des questions essentielles, effectivement vitales. Beaucoup refusent Dieu en raison de l’existence du mal et de la souffrance. Si Dieu est Dieu, s’il est le Tout-Puissant, pourquoi donc tant de mal et de souffrance sur la terre? Le christianisme, mais avant tout la raison, affirme qu’il y a des causes secondes parfaitement identifiables qui ne sont pas Dieu. Une grippe est causée par un virus et l’homme porte la responsabilité du mal qu’il fait. À l’origine de tout, il y a un dessein de Dieu assez fou, j’en conviens : créer un monde contingent, imparfait qui, lentement, progressivement, permettrait à une créature différente de toutes d’aimer ou de rejeter Dieu, d’aimer le bien ou de faire le mal. Mais cette créature est créée à l’image de Dieu, il y a en elle un désir incoercible d’aimer et d’être aimé. Si elle choisit d’être fidèle à elle-même, fidèle à son désir de vérité et d’amour, elle rencontrera le Christ (peut-être à son insu) et fera l’expérience que le mal et la mort sont vaincus, que la souffrance engendre un monde nouveau, que, même, «tout concourt au bien de celui qui aime Dieu» (Rm 8,28 TOB) ou, plus simplement, pour celui qui est fidèle à lui-même. Relis tout le chapitre 8 de la lettre de saint Paul aux Romains. Amitiés.

Par: P. Marie-Joseph (09/02/2006)


Cher Père Joseph, cher Didier,
je m’excuse de m’introduire dans la discussion sur le concept de la souffrance mais je pense que c’est un argument qui touche tout le monde et qui me touche depuis longtemps.
pour moi la souffrance est absolument independante de notre volontè. Si c’ètait de notre choix on ne souffrirait pas! Et on ne peut pas, selon moi, penser que ce n’est pas Dieu qui la veut: comme nous pouvons savoir qu’est que c’est la volonté de Dieu qui est le Tout. Nous que nous sommes une part du Tout ne pouvons pas savoir absolument le contenu de la volonté du Tout, de Dieu.
Pour moi c’est un grand soulagement ces concepts parce que on ne peut pas qu’accepter la volonté de Dieu.
Merci de m’avoir accueilli dans votre discussion.
Avec amitié

Fausto

Par: Fausto Pagnamenta (09/02/2006)


La toute-puissance de Dieu est une toute-puissance d’Amour, qui nous relève de tous nos gouffres, nous fait dépasser nos impasses et nos morts. Cette toute-puissance d’Amour est d’une finesse et intelligence telle qu’elle peut nous relever et nous libérer de n’importe quel emprisonnement. Elle est l’Esprit de Dieu. Celui qui a l’Esprit tout en lui peut être jeté au cachot, il reste libre et continue de rayonner en lui-même et en son regard.

Par: Michelle Foucault (09/02/2006)


Concernant la souffrance par la maladie ou par la guerre dont les conséquences s’abattent un peu au hasard sur les êtres, je pense qu’elle ne vient pas de Dieu. Elle vient de la maladie pour la 1ère et de la folie et peur des hommes pour la 2ème, qui viennent elles-mêmes de déséquilibres en quête d’équilibre… Un équilibre par un compromis bancal au cœur de la relation dominant – dominé, voir dévorant – dévoré, qui rappelle bien le péché originel en genèse.
Ce genre de souffrance est indirectement hérité par solidarité entre les humains et aussi la création tout entière. Elle est tout autant subie par les créatures que par Dieu (Le Christ en croix en est l’icône). « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », (ne pardonne que celui qui est blessé, abusé, humilié…)
Mais elle n’est pas voulue par Dieu. Elle est, comme toutes les souffrances, une hypothèse, un « possible » une vision, une appréhension, une relation erronée aux choses et aux êtres, générée par des créatures capables de liberté et de créativité (les anges et les hommes), une relation aux choses et aux êtres, au cœur de laquelle, Dieu se fait proche, assume avec nous et nous sauve.

Par: Michelle Foucault (09/02/2006)


Il y a aussi la souffrance directement héritée de nos histoires, de nos familles, de nos patries, comme une condition liée à nos vies, celles dont on nous demande inconsciemment d’être fier, celle qui nous donne l’impression d’exister plus, voir mieux, celles qu’on préfère, celle qui nous lie à notre milieu, à notre passé. Celle qui donne la mort avant qu’on ait vécu. C’est à cette sorte de souffrance que le Christ s’adresse quand il dit : « …celui qui regarde en arrière n’est pas digne de moi… » (Lui le Chemin, la Vérité et la Vie) ou bien « …laisse les morts enterrer les morts… ».

La souffrance, comme la peur, est un sentiment ou un ressenti très subjectif qui suppose toujours une distance, un décalage avec « le créé ». Le créé les précède nécessairement.
Dieu, par son souffle, par son désir, crée. Dans ce créé, l’humain ou l’ange, de désir et de choix, s’avance dans un mouvement de bons et faux pas qui introduisent une relation au monde instable, incohérente vis-à-vis de son sens fondamental.
Je pense que Dieu ne veut ni ne crée la souffrance. Par contre, Il la supporte avec nous et nous soutient pour que nous en sortions vainqueurs. La souffrance ne devient bonne ou « féconde » que lorsqu’elle est finie ou disparaît : en faire l’expérience a l’unique et grand avantage de nous montrer que nous ne sommes ni faits ni créés pour la souffrance ou l’horreur et que la soulager ou aider à en sortir, c’est entrer dans le plan de Dieu, c’est s’approcher de Lui. Soulager, aider, c’est aimer en acte, comme dans la parabole du bon samaritain.
Sincèrement, Michelle

Par: Michelle Foucault (09/02/2006)


Cher Didier, pour compléter toutes ces riches réponses, j’ose introduire ici les bribes d’une pensée (elle est très vaste) qui m’a beaucoup marquée et m’aide toujours sur mes chemins de souffrance: celle du Père Pierre Teilhard de Chardin, longtemps restée incomprise et même durement rejetée assez longtemps, mais à présent mieux accueillie et enfin réhabilitée (elle n’est pas facile- tout le contraire de simpliste, émotionnelle ou désincarnée!), parce qu’elle nous ouvre un chemin de compréhension- inédit- du mystère de la souffrance et de la construction du « Corps du Christ » (qu’il appelle « Christ cosmique »). Construction lente, douloureuse, incompréhensible à notre échelle, mais irréversible, en marche constante et lumineuse malgré les apparences, vers son achèvement plénier et glorieux. Elle ouvre tout leur sens aux mots « Création » et « Rédemption ». Je n’ai encore rien lu de plus puissant. Il y aurait beaucoup à en dire, des extraits également plus « ciblés » à partager. vous pourrez aller plus avant dans la réflexion en vous documentant.

Par: Alessandra Rausis (10/02/2006)


(suite) A mon sens Teilhard a touché à une profondeur du Mystère comme personne. Et (parce que, justement?) Dieu sait s’il a souffert! Il a ouvert une voie précieuse de réflexion pour notre temps très particulier. Si je vous le partage, c’est que je sens que l’aspect « Amour de Dieu » non seulement vous heurte dans ce qu’il a d’incompatible avec la souffrance- bien sûr, évidemment!, mais aussi que la plupart des réponses vous semblent trop « dogmatiques » ou « toutes faites » ou…
Malheureusement pour comprendre et accepter pleinement le sens de la souffrance, il faut souvent la traverser jusqu’aux dernières fibres de l’être… avec le Seigneur. Jusqu’à la lie. On pourrait le comprendre plus vite, mais quelles ne sont pas nos résistances et par conséquent les impasses douloureuses auxquelles nous nous rendons! Ça peut paraître inadmissible et révoltant, dit comme ça, mais c’est une réalité.
« Avec le Seigneur », avec Dieu, c’est ce qui fait toute la différence. Sans Lui (si on Le rejette, car on n’est jamais sans Lui) le pire est aussi possible, et Il le sait, le permet, donc veille également sans relâche. Tout dépend de l’accueil que l’on fait à l’œuvre (de transformation) de Dieu en nous. La liberté n’est pas un vain mot, juste un concept pour faire joli! Elle est le risque terrible que Dieu prend, la manifestation suprême de son amour, de son respect- infinis pour chacun en particulier et pour sa Création tout entière.

Par: Alessandra Rausis (10/02/2006)


Mon partage précédent n’avait rien à voir avec de l’angélisme. J’en ai traversé des épreuves, ces dernières années, et j’en traverse toujours beaucoup. Ça n’arrête pas. Mais j’ai reconnu, compris dans mon cœur, à un moment donné, avec son aide, que « la loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ». « Il fait toutes choses nouvelles »… si on s’en remet totalement à Lui. Quitte à crier, quitte à hurler… Qui mieux que lui peut comprendre nos angoisses et faire pénétrer la Lumière- resplendissante et profonde o combien, mais subtile, délicate, dans nos vies? Qui sinon Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie mêmes?!
La pensée de Teilhard ne nie pas la souffrance individuelle. Au contraire, elle l’assume pleinement et la transfigure…

Par: Alessandra Rausis (10/02/2006)


De Teilhard:
« Créer, même pour la Toute-Puissance , ne doit plus être entendu par nous à la manière d’un acte instantané, mais à la façon d’un processus ou geste de synthèse. L’Acte pur et le « Néant » s’opposent comme l’Unité achevée et le Multiple pur. Ceci veut dire que le Créateur ne saurait, en dépit (ou mieux en vertu) de ses perfections, se communiquer immédiatement à sa créature, mais qu’il doit la rendre capable de le recevoir. Pour pouvoir se donner au Plural, Dieu doit l’unifier à sa mesure. Des origines du Monde à Lui, la constitution du Plérôme se traduit donc nécessairement à nos esprits par une progressive marche de l’esprit.
Cette progressive unification du Multiple, eu quoi consiste la Création, est-elle aussi complètement libre et accessoire à Dieu que nous sommes partiellement forcés de le supposer? (…) Non seulement en fait, dans notre Univers particulier, mais en droit (pour tout Monde concevable, si vraiment il y en a plusieurs possibles), l’acte créateur s’exprime pour ceux qui en sont l’objet par le passage d’un état de dispersion initiale à un état d’harmonie finale. Cette observation suffit pour perfectionner, en première approximation, l’idée que nous nous faisons de la fonction rédemptrice du Christ car elle a pour corollaire une transposition profonde de la notion de la chute originelle.

Par: Alessandra Rausis (10/02/2006)


Dans un monde créé tout fait, disions-nous plus haut, un désordre primitif est injustifiable: il faut chercher un coupable. Mais dans un Monde qui émerge peu à peu de la Matière, plus n’est besoin d’imaginer un accident primordial pour expliquer l’apparition du Multiple et de son satellite inévitable le Mal… Le Multiple? Mais il a, nous venons de le voir, sa place naturelle à la hase des choses, puisqu’il représente, aux antipodes de Dieu, les virtualités diffuses de l’Etre participé non pas les débris d’un vase brisé, mais l’argile élémentaire dont tout sera pétri. Le Mal? Mais celui-ci apparaît nécessairement au cours de l’unification du Multiple, puisqu’il est l’expression même d’un état de pluralité incomplètement encore organisée. Sans doute, cet état transitoire d’imperfection se manifestera en détail, dans le Monde en voie de formation, par un certain nombre d’actes coupables dont les tout premiers (les plus décisifs, encore que les moins conscients dans l’histoire humaine) pourront être détachés de la série et catalogués comme une « faute primitive ». Mais la faiblesse originelle, pour la créature, est en réalité la condition radicale qui la fait naître à partir du Multiple, toujours portant dans ses fibres (tant qu’elle n’est pas définitivement spiritualisée) une tendance à retomber vers le bas, dans la poussière.
Le Mal, dans ces conditions, n’est pas un accident imprévu dans l’Univers. Il est un ennemi, une ombre que Dieu suscite inévitablement par le seul fait qu’il se décide à la création. De l’Etre nouveau, lancé dans l’existence, et non encore complètement assimilé à l’Unité, c’est une chose dangereuse, douloureuse et fantasque. Créer n’est donc pas une petite affaire pour le Tout-Puissant, une partie de plaisir. C’est une aventure, un risque, une bataille où Il s’engage tout entier. Est-ce que ne commence pas à grandir et à s’éclairer devant nos yeux le mystère de la Croix?

Par: Alessandra Rausis (10/02/2006)


Je le déclare en pleine sincérité. Il m’a toujours été impossible de m’apitoyer sincèrement sur un Crucifix tant que cette souffrance m’a été présentée comme l’expiation d’une faute que, soit parce qu’il n’avait aucun besoin de l’homme, soit parce qu’il pouvait le faire autrement, Dieu aurait pu éviter. « Qu’allait-il faire dans cette galère? »
Mais tout change d’une façon impressionnante sur l’écran d’un monde évolutif tel que nous venons de le tendre. Projetée sur un tel Univers, où la lutte contre le Mal est la condition sine qua non de l’existence, la Croix prend une gravité et une beauté nouvelles, celles-là précisément qui peuvent nous séduire le plus. Sans doute, Jésus est toujours Celui qui porte les péchés du monde; le Mal moral se compense mystérieusement par la souffrance. Mais il est, plus essentiellement que cela, Celui qui surmonte structurellement en Lui-même, et pour nous tous, les résistances à l’unification opposées par le Multiple, les résistances à la montée spirituelle inhérente à la Matière. Il est Celui qui porte le poids, inévitable par construction, de toute espèce de création. Il est le symbole et le geste du Progrès. Le sens complet et définitif de la Rédemption, ce n’est plus seulement expier, c’est traverser et vaincre . Le mystère plein du Baptême, ce n’est plus de laver, c’est (les Pères grecs l’avaient bien vu) de plonger dans le feu de la lutte purifiante « pour être ». Non plus l’Ombre, mais les ardeurs, de la Croix.
(…)
Une transposition de l’ordre de celle que je suggère laisse entièrement subsister, et même sauve, dans son essence, cette réalité précisément et cette urgence dans la Rédemption que les Conciles ont cherché à définir. Il faut et il suffit qu’on dise « feu », là où on a toujours parlé de « fumée ». Les mots sont différents, mais la chose demeure.

Par: Alessandra Rausis (10/02/2006)


Didier, Comme vous l’avez sans doute compris, j’ai dû couper mon message en plusieurs parties qui sont à la suite… Vous souhaite bon vent et prie pour vous

Par: Alessandra Rausis (10/02/2006)


Monsieur Pagnamenta,

Je refuse d’accepter des excuses pour un acte naturel et positif. Ceci est, pour moi, un forum public, ouvert, etc … S’excuser parce que vous intervenez est à mes yeux déplacé. En ce qui me concerne, vous êtes le bienvenu. J’apprécie tout point du vue honnête et poli.

Je maintiens mon horreur de la souffrance. Que Dieu soit plus grand que moi est évident, qu’il me veuille du bien est aussi clair. Si ces deux choses ne sont pas admises, alors moi je passe et quitte le truc.

Ce que je comprends de votre intervention (je souligne, ce que je comprends. Je ne suis pas l’Evangile. Je sais être dans l’erreur.) est que vous vous couchez devant la souffrance, que vous l’acceptez parce que Dieu existe, que vous êtes fataliste devant elle. Je veux croire que vous avez d’excellentes raisons pour cela. Je veux croire cette approche vous aide à la supporter. Si cette idée vous satisfait, vous aide ou quelque chose dans le genre, je peux le comprendre. Mais, personnellement, un dieu qui fait souffrir, même par amour me déplait copieusement.

Par: Didier (10/02/2006)


Madame Foucault,

Je ne vous ai jamais rencontré. Mais je découvre en vous une personne qui connaît et aime la Vie. Dans ce sens vous m’apparaissez grande. Arriver à me dire que j’ai une pierre à mettre dans l’oeuvre de Dieu et que cela m’appartient totalement m’est embarassant. Vous me mettez devant ma vocation. Vous me mettez devant moi. Merci.

Par: Didier (10/02/2006)


Madame Foucault,

Je connais un cachot pour l’Esprit de Dieu. C’est une prison solide qui éteint, efface et détruit Son action. Cette prison ne peut pas être mise en mots. Mais un mot, un seul la désigne très bien à mes yeux.

J’ai mal.

Par: Didier (10/02/2006)


Aux personnes qui m’ont répondu,

j’ai voulu vous répondre à tous. Mais là, je sature un coup. Il y a beaucoup trop de choses pour mes capacités. J’ai besoin d’un moment pour prendre vos idées et vos déclarations et les digérer. Elles sont trop fortes pour moi pour pouvoir y réagir tout de suite.

Madame Raussi, vous savez prendre des baffes. Vous êtes grande.

Par: Didier (10/02/2006)


Quant à moi, je pense que Fausto veut nous dire quelque chose de profond et souvent mal compris. Une des meilleures définitions de la souffrance me semble être celle-ci : la souffrance est une inhibition. C’est être empêché de faire ce que l’on désirerait. Et aussi celle-ci : ne pas trouver le sens à la perte de ce qui nous tient à cœur. La souffrance est donc souvent vécue comme s’abattant sur nous sans que l’on puisse s’en libérer. La première réaction est sans doute d’en chercher le sens et de n’en pas trouver, de chercher à s’en libérer et de ne pas pouvoir. Alors Fausto nous donnerait cette idée : si mon existence ne vient pas de moi, je fais donc partie d’un grand Tout – Dieu et l’univers – qui aurait un sens, même si je ne le perçois pas. Cela m’aide à chercher patiemment irrésistiblement. Aux Grecs, saint Paul a dit : «C’est en Dieu qui nous avons la vie, le mouvement et l’être» Et aux Romains : «Tout est de Lui et par Lui et pour Lui».
Merci à Didier qui, en nous partageant sa souffrance, nous fait avancer. Merci à Alessandra qui nous rappelle la grande intuition de Teilhard de nous situer dans le projet divin et cosmique de tout récapituler dans le Christ. Merci à Michelle qui nous apprend à désirer et à vivre pleinement. Merci à Fausto d’élargir notre vision, merci à notre webmaster, Sébastien, de nous permettre de nous entraider par ce forum !

Par: P. Marie-Joseph (10/02/2006)


Ce forum est une merveille. Moi aussi, je tiens sincèrement à remercier tout le monde.
Je voudrais répondre à Marie-Joseph.
J’ai très souvent été inhibée, ce fut toujours désagréable mais pas vraiment douloureux.
A mon sens, l’inhibition ne peut s’apparenter qu’à une souffrance peu profonde. En effet, l’inhibition, à l’adresse de l’ambition ou désir personnel qui ne trouve pas à se réaliser, est une souffrance, certes, mais elle ne me remet pas profondément en cause. Au regard des autres, je n’arrive pas à me révéler dans ce que je voudrais donner ou faire, je souffre alors de frustration et de non reconnaissance. Une autre conséquence est celle de l’affadissement du quotidien. Mais une lutte peut s’engager, animée par l’espérance.
Si je me connais (je parle pour les adultes) je reste sûre de moi-même et la souffrance n’atteint pas les racines de mon être.
Il y a des souffrances auxquelles on peut donner un sens, et il y a « la souffrance » terrible, inhumaine, insupportable. Je pense que Didier la connaît, je l’ai connue, elle est indéfinissable, inacceptable, elle est l’horreur, elle décompose, elle torture, elle anéantit… Elle est la souffrance de Jésus au jardin des oliviers… « Si Tu peux éloigner de moi cette coupe… » Je pense que, comme Didier, Dieu « hait » la souffrance. Puis Jésus ajoute, « non pas comme je veux, mais comme Tu veux »… Le Christ est Dieu et ce « comme Tu veux » ne peut être qu’un « comme Nous voulons » au fond. Et c’est très révélateur, parce que ce « comme Tu veux » confirme l’état de décomposition de Jésus par la souffrance et l’angoisse. Il n’arrive plus à actionner sa volonté et sa force contre la souffrance, tellement elle déstructurante, tellement elle l’anéantit.

Par: Michelle Foucault (12/02/2006)


Cette souffrance, tout comme la mort, n’a aucun sens. Et j’ose en témoigner par l’expérience que j’ai pu en avoir. Le Christ nous a rejoint jusque dans le non-sens et l’horreur. Il s’est fait « homme », totalement. Ce n’est pas sa souffrance qui nous enfante, c’est son amour, c’est l’Amour de Dieu dans toute sa gratuité. Jésus a expiré, l’homme Jésus est bien mort, Dieu a fait l’expérience de la souffrance et de la mort. C’est l’Amour de Dieu qui ressuscite le Christ le 3ème jour.
La souffrance tue, elle n’a pas de sens, elle mène au néant.
L’Amour ressuscite, Il n’a pas de sens non plus car Il est en lui-même son propre sens, Il mène à la Vie.
Le père Manaranche nous témoignait un jour des paroles d’un saint vieux prêtre qui mourrait d’un cancer. Rien ne pouvait plus le soulager et pour le soutenir, on lui parlait de la souffrance comme rédemptrice. Il répondit « ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas ».
Cette souffrance-là n’a qu’un avantage, celui de nous prouver que nous ne sommes pas faits pour la souffrance. C’est tout.
Nous sommes trop raisonnables et cartésiens et nous voulons donner un sens à tout, quitte à dire qu’il nous dépasse. Autant je pense volontiers qu’il existe une explication aux miracles et à tout ce que nous ne maîtrisons pas encore, autant je sais que le non-sens existe pour en avoir fait l’expérience dans la souffrance.
Lors d’un enfantement, la souffrance n’est pas nécessaire pour donner la vie, l’amour par contre est plus que nécessaire, il est désirable et désiré.

Par: Michelle Foucault (12/02/2006)


Ma rencontre avec la Lumière, le Christ, me donne une réponse devant
la souffrance, pas une explication ou une justification, une réponse. Dans le cas où c’eût été le contraire, je pense qu’en fait, je n’aurais pas été saisie par « la Vérité » et je ne me serais donc pas avancée devant le Christ pour demander le baptême, tant j’étais rebelle. Je n’aurais pas eu l’envie de quitter le truc comme dans la réponse de Didier à Mr Pagnamento, parce que je n’étais pas dedans, mais je n’aurais pas eu l’envie d’entrer.
Maintenant, je voudrais dire que contre la souffrance destructrice qui empêche tout épanouissement, toute pensée, toute prière, il faut impérativement soulager.
Ensuite on peut reconquérir peu à peu en terme de temps, l’espace présent sous sa présentation la plus vide et réelle possible. Il faudra le remplir alors de non souffrance, de non agression par un sourire, un bout de ciel, un peu de légèreté, des petits travaux, des petits services, des petits pas, des petites chevauchées, quelques partages sous forme de mille et un soulagements, parce que pendant ce temps là, la souffrance n’occupe pas toute la place, et voir même, parfois subrepticement, disparaît… J’ai utilisé le mot « petit » plusieurs fois, car dans la souffrance, le sourire d’une personne chère ou bien un riche partage, reste un appui fragile, éphémère, même s’il soulage à certains égards. Quand les forces vives reprennent le dessus vis-à-vis des réflexes douloureux qui figent l’âme et le corps, on peut réinvestir en douceur la notion de plaisir, de bonheur, d’espérance.
Pour se savoir totalement sorti d’affaire et prêt à toute nouvelle attaque, il faut, je pense, avoir intégré les 40 ans de traversée du désert de l’hésitation, du tâtonnement, de l’errance, pour entrer dans la liberté, sans crainte. Certains l’intègrent vite, d’autres plus lentement. C’est le moyen « de trouver sa place », et aussi, envers et contre tout, de poser sa pierre, de manière parfois imprévisible.
Pour l’amour de Dieu et pour l’amour du prochain, cessons d’argumenter la souffrance là où s’impose le silence, et essayons d’aimer comme Il nous a aimé, pour que l’Amour nous sauve de tout, qu’il soit dans tous les cœurs, tous les regards, toutes les mains qui se joignent et se serrent.
Sans ignorer le poids crucifiant du monde, aimons toujours plus, cela peut s’exprimer dans tous nos actes. Au lieu d’offrir nos souffrances, lâchons les, abandonnons les dans le brasier de l’Esprit, et de toutes nos dernières forces, ne nous lassons pas d’aimer.
Amicalement Michelle

Par: Michelle Foucault (12/02/2006)


La souffrance n’a parfois pas de nom. La seule réponse serait son antidote, l’amour miséricordieux : se pencher avec empathie vers celui qui souffre et cheminer avec lui, à son rythme, en lui tenant la main, avec amour et douceur, en silence. Il me vient cette image : tenir la main de celui qui souffre et, avec l’autre, tenir la main de Jésus par la prière; les relier ainsi l’un à l’autre quand celui qui souffre ne peut même plus prier. Ne serait-ce pas la seule réponse efficace ?

Par: P. Marie-Joseph (12/02/2006)


Au P. Marie Joseph,
Le monde est plus grand que moi. C’est clair. Maintenant, si j’accepte que Dieu a créé le monde, alors il crèe cette souffrance. Non merci.
Je ne suis pas assez élevé spirituellement pour comprendre le sens de Dieu dans tout cela. Avec ce manque, cet abandon à Dieu ressemble furieusement à une capitulation sans conditions, à une incitation à la passivité et à la dépression. Je n’ai pas tout compris.
A Michelle Foucault et au P. Marie-Joseph,
C’est vrai, la douleur est une inhibition, une fermeture, un bouclage par destruction de sa victime. Elle perd sa capacité à s’ouvrir, à aimer, à donner, etc… Réciproquement, si elle refuse de donner, aimer, etc… elle se fait du mal. La seconde a un sens. La première n’en a pas. D’ou cet énorme besoin de sens. Si elle prend un sens, cette douleur, alors elle devient supportable. Je pense au Père Kolbe. Il est mort dans des conditions atroces et il a gardé cette ouverture, cette paix, cette grandeur, cet amour incroyable. Maintenant, comprendre comment il a fait….
A Michelle Foucault,
La souffrance a une chose terrible. Elle n’accepte aucune tricherie, ni aucun ordre. Elle est là. Je ne sais pas qu’en faire.
Au P. Marie-Joseph,
J’admets avoir vu des gens soulagés simplement par ma présence. L’effet était incroyable. Le problème, la douleur, les ennuis, etc.. restent mais la souffrance associée est subitement beaucoup plus lègère.

En toute amitié, à tous

Par: Didier (27/02/2006)


La phrase de Didier : « Je souffre parce que Dieu m’aime », me taraude et je cherche une réponse à la hauteur d’une telle affirmation. Avec son immense amour, Dieu ne nous lâche pas d’une semelle ! Cela me fait penser au psaume 138 : «Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais! Tu sais quand je m’assois, quand je me lève; de très loin, tu pénètres mes pensées. Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers. Avant qu’un mot ne parvienne à mes lèvres, déjà, Seigneur, tu le sais. Tu me devances et me poursuis, tu m’enserres, tu as mis la main sur moi. Savoir prodigieux qui me dépasse, hauteur que je ne puis atteindre! Où donc aller, loin de ton souffle? Où m’enfuir, loin de ta face? Je gravis les cieux: tu es là; je descends chez les morts: te voici. Je prends les ailes de l’aurore et me pose au-delà des mers: même là, ta main me conduit, ta main droite me saisit. J’avais dit “Les ténèbres m’écrasent!” mais la nuit devient lumière autour de moi. Même la ténèbre pour toi n’est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière! C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis: étonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait». L’affirmation de Didier me fait penser aussi à la Nuit Obscure de saint Jean de la Croix: Dieu semble être l’ennemi de l’homme. Il cite les Lamentations de Jérémie : «Dieu a été pour moi comme un ours en embuscade, il a renversé mes voies, il a bouché mes chemins avec des pierres carrées… » Dieu adversaire le l’homme: le combat de Jacob! Une seule issue: reconnaître que Dieu est plus fort et s’abandonner entre ses mains. Alors, contre toute attente, l’immense amour de Dieu se révèle. La flamme ardente qui faisait mal devient un feu d’amour plein de douceur qui console infiniment. C’est tout le chemin: la bûche noircit au contact du feu, sa noirceur se manifeste, l’eau sort, avec ses larmes et finalement la bûche devient… une vie flamme d’amour unie à Dieu, pour toujours!

Par: P. Marie-Joseph (27/02/2006)


Je pense rejoindre Marie Joseph sous un autre angle. La souffrance occupe tellement l’esprit et l’âme de sa victime qu’elle se ferme à ce qui n’en fait pas partie. Elle peut le faire car la souffrance structure sa victime, l’organise, donne un sens à ses actes, ses relations, ses gestes et ses pensées. Vu sous cet angle, elle peut paraître si passionnante et si attirante qu’il me devient concevable de choisir sa destruction pour pouvoir garder cette structure de vie. Aller de l’avant, sortir du problème rencontré, faire face, etc… deviennent des choses effrayantes, angoissantes, terribles, voire pires que rester dans la douleur. Dans cette optique, Dieu ne me fait pas souffrir. C’est moi. Même si j’ai perdu le contrôle sur ce processus, je suis mon tortionnaire. Lui, Il vient dans cette souffrance, Il dérange ce processus. Dans ces conditions, Il nous apparaît absolument terrible. La terreur est, dans ce cas, ma création. C’est totalement pervers. Dieu me casse les pieds dans ce genre de processus. Il m’aime. Ce qu’Il me demande est terrible. Il me demande de me convertir à Lui. Je suis dans la nuit. Il apporte la lumière. Croyez moi, ce n’est pas facile à accepter. Pourtant, c’est là qu’Il est mon Sauveur. C’est là, qu’il me renvoie vers mon prochain. C’est là, qu’Il fait de moi un homme digne de ce nom, qui se mérite le droit de vivre. C’est là, qu’Il me fait prendre ma place dans ce monde. C’est là, qu’Il me sauve.
L’idée « Je souffre parce que Dieu m’aime » relève de la perversion. L’accepter, c’est faire de Dieu un tortionnaire. C’est faire des tortionnaires des gens pratiquant l’amour du prochain. C’est une absurdité. Je souffre, mais Dieu m’aime.

Par: Didier (28/02/2006)


C’est ce qu’on appelle en psycho les «bénéfices secondaires» d’une situation de souffrance: Je préfère rester avec mon problème et ma souffrance qui me donnent une certaine identité, plutôt que d’entreprendre un processus de transformation de ma vie. Il est parfois très difficile de changer, presque impossible, tant la personne a vécu avec sa problématique. Dieu peut alors surgir comme celui qui pousse la personne à se remettre en question. Si Didier le perçoit ainsi, c’est malgré tout une grande chance pour lui. Qui peut donc être sauvé? demandaient les disciples atterrés, puisque le riche ne le peut pas par lui-même. À l’homme, c’est impossible, mais à Dieu tout est possible, répondit Jésus. Il me semble que le chemin, l’issue de la conversion est bien là: reconnaître son impuissance et se disposer à accueillir, comme un malade anesthésié, l’opération du médecin. Un bon enseignement sur l’oraison pourrait être une aide puissante !

Par: P. Marie-Joseph (28/02/2006)