Garder sa foi dans un monde de distractions (du 28 janvier au 6 mars 2014)

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Comment garder sa foi et rester chrétien dans ce monde de distractions ?

Par: Lucienne, le 28 janvier 2014


Cette question posée par Lucienne nous interpelle tous. La réponse n’est pas aisée. Elle est vitale. Question fondamentale : la culture actuelle apparaît centrifuge ; elle nous décentre ; retrouver son centre, son autonomie, sa liberté… Jean de la Croix écrit de façon significative : “Dieu est le centre de l’âme”. Quel chemin prenons-nous pour retrouver Dieu ? Pratiquer l’oraison est un privilège. Quel chemin prenons-nous pour nourrir notre foi ?

Par: Marie-Joseph Huguenin, modérateur, le 31.1.14


Je ne garde pas ma foi. Je ne peux que me garder de rester sans prier. J’ai observé des progrès à travers la prière. Le chapelet, tout simple, est très puissant pour m’aider. Sans lui, je me serais effondré plusieurs fois.
Je suggère un chapelet ou un rosaire sans les mystères mais avec les distractions du monde qui vous perturbent. Par expérience, elles deviennent gérables. Par expérience, il faut du temps. Par expérience, cela ne se fait que pas à pas.

Par: Didier, le 31 janvier 2014


La foi est effectivement un don et la prière la nourrit. Mais la foi se cultive, surtout par la méditation de la Parole de Dieu et les Sacrements. Il est essentiel de se rassembler pour être fortifiés dans la communion de la foi et de la prière. Beaucoup ne se rassemblent plus le dimanche pour célébrer l’eucharistie, préférant les distractions du monde…
Prendre ce qui nous distrait pour en faire la matière de notre prière et un bon conseil. La prière unie à celle de Jésus est appelée à embrasser le monde pour le sauver.

Par: Marie-Joseph, le 31 janvier 2014


Au plus profond de notre for intérieur réside une soif… Soif de Vérité! Pour le chrétien, la Vérité porte un autre nom : Jésus-Christ. Écoutons notre soif intérieure, soyons curieux(se) de la Vérité à laquelle elle aspire. Et redécouvrons l’immense richesse de la transmission judéo-chrétienne pour redécouvrir l’homme-Dieu…
Et puis, soyons pour le Christ – notre plus confondant ami -, une humanité de surcroît. Agissons main dans la main avec Lui, nous verrons alors les choses, les distractions, autrement, elles ne nous absorberons plus comme avant.
Nous Existerons, nous rayonnerons, et cela fera du bien autour de nous. Parce que, à un moment de notre vie, nous aurons décidé d’écouter ou de re-écouter notre soif intérieure!

Par: Michelle Foucault, le 1er février 2014


Synchronicité sur communion.ch : le 27 janvier je donnais un enseignement sur les distractions dans l’oraison (on peut l’écouter au Menu “Résumé des sessions”) et le 28 Lucienne posait une question semblable depuis le Cameroun !

Par: Marie-Joseph, le 1er février 2014


Que dire à ce propos ? Garder la foi dans un monde qui n’est pas simplement de distraction, mais aussi de violence, de repli identitaire, d’isolement social, parce que dans nos pays de confort, c’est le chacun pour soi (“le chacun dans son chacun”, comme il est dit par mes amis Africains qui vivent ici). Tout le monde est hyper-occupé, tout simplement par peur de se retrouver face à soi-même, peur du vide, de la mort, en fait. Alors, tout le monde court, court. Les jeunes, les familles, les vieux, c’est terrifiant. Le faire est plus important que l’être, l’être ensemble. Quant à la question de se rassembler pour vivre sa foi et se nourrir du partage et de la fraternité, c’est plutôt le chacun pour soi qui prédomine aussi. La plupart des gens vont à l’église pour y aller et dès que c’est la fin de la célébration, la course continue. Au vu de mon expérience, j’ai surtout pu constater une certaine hypocrisie, parce que beaucoup de personnes n’ont pas compris le vrai sens du christianisme. Elles se raccrochent surtout à des pratiques au lieu de vivre l’essentiel. Elles adorent la religion au lieu de voir le visage du Christ dans l’autre. En Suisse, l’Église est encore trop enfermée dans ses richesses, son fric. Il est souvent plus important de gérer les biens paroissiaux plutôt que de créer des espaces de communion et de partage authentiques. Les personnes seules, surtout les femmes sont mal considérées dans les régions à prédominance catholique, les personnes portant une différence, marginalisées, pauvres, etc., ne sont guère reconnues dans les paroisses. Les mentalités n’ont aussi guère évolué et c’est de plus en plus le retour d’un certain obscurantisme. Perso, j’essaie de vivre ma foi en faisant chaque jour ce qu’il me semble le mieux. Mes connaissances appartiennent plutôt à des milieux très hétéroclites et là, il me semble qu’il est aussi possible de rester reliée à Dieu. Perso, c’est à travers la prière silencieuse, que ce soit n’importe où, en forêt, à la maison, dans des lieux plus « spirituels » et propices que je peux avancer, mais je ne compte plus du tout sur une communauté de « croyants » pour un soutien.

Par: Cathy, le 1er février 2014


Le dimanche est devenu synonyme de distraction au lieu de Jour du Seigneur! De plus, dans les médias, l’Église catholique est souvent dévalorisée et des catholiques eux-mêmes doutent de leur communauté. Mais comme me le disait récemment un Congolais, dans son pays, il n’y a que l’Église catholique qui donne aux gens une espérance, notamment face aux sectes et à l’État dominé par les grandes puissances. Je suis témoin de merveilles dans nos paroisses. Faisons le choix de la communauté face à l’individualisme, de la créativité face à l’indifférence. Comme le dit Michelle, écoutons la soif qu’il y a au fond de nous et faisons les choix qui nous grandissent. Retrouvons le Ressuscité à nos côtés, soyons créatifs et solidaires dans la foi. Quoique on n’en dise, il n’y a rien de plus grand que la messe! C’est rien moins que le Ressuscité qui se donne en communion et qui nous rassemble dans son Esprit. En mettant l’église au milieu de la Cité, le moyen-âge avait compris l’essentiel : la Cité s’unit dans la prière et se construit dans la fraternité en accueillant l’Esprit du Christ.

Par: Marie-Joseph, le 1er février 2014


Chère Lucienne, je vous renvoie à une de mes sessions : « Comment engendrer la Communion des personnes » (voir “Résumé des sessions”, août 2005). Je pense que vous y trouverez des réponses, notamment pratiques, face à votre questionnement tout à fait d’actualité : un grand MERCI!
Concernant l’intervention de Cathy, je la trouve pertinente et pleine de franchise même si cela nous écarte un peu du sujet :
« beaucoup de personnes n’ont pas compris le vrai sens du christianisme »…
De par mon expérience, paradoxalement, je rajouterai : « sauf, du dehors de l’Église, plus ou moins consciemment bien sûr », car on y découvre une perception perspicace du message chrétien, accompagnée en revanche de dures critiques, parfois justifiées, à l’encontre de l’institution catholique. Mais cela ne dévoile-t-il pas un intérêt certain, une attente profonde du monde par rapport au Christianisme et sa vision biblique de l’Homme?
Je ressens tout cela comme un appel en direction de l’Église à devenir ce qu’elle Est, au fond, en toute simplicité et ouvertement. Une Ecclésia (qui veut dire « assemblée ») rassemblée autour du sage ou Juste juif, Jésus, qui nous appelle à la Liberté co-responsable, au Par-Don, au partage, qui nous appelle “à désirer pour l’autre comme pour soi-même”, qui nous appelle à appeler Dieu “Père” ou “Papa”, et qui nous annonce le Salut pour tous… Espérance révélante et révélatrice d’un Créateur aimant, vis-à-vis de sa créature et de toute sa création!
Resitués et confirmés par cette vision de l’Église, ne nous serait-il pas plus facile de vivre notre foi ? Nourris et confortés, nous pourrions face aux distractions, revenir et nous appuyer sur une sorte de robustesse intérieure, en forme de jardin paisible et lieu d’oraison.

Par: Michelle Foucault, le 2 février 2014


Ce qui m’interpelle dans la question de Lucienne, c’est le monde dans lequel nous vivons, qui tend à imposer une culture mondialisée centrée sur une vision du monde mercantile, matérialiste, opposée à la transcendance. L’Autre n’existe plus : ni le prochain, ni Dieu. Un monde où l’individualisme et l’égoïsme semblent triompher. Il me semble essentiel dans ces conditions de prendre conscience qu’une telle culture ne peut apporter le bonheur. On parle parfois d’une “culture de mort”. Ensuite, il est aussi essentiel de comprendre que toute personne humaine est appelée à la communion. Communion avec Dieu et avec le prochain. Là se trouve le vrai bonheur ! L’homme est créé par Dieu, pour Dieu, pour la communion. Il ne peut échapper à sa destinée qu’en se perdant lui-même. C’est aujourd’hui la fête de la Présentation du Seigneur au Temple : une fête pleine de joie et de lumière qui élève nos cœurs !

Par: Marie-Joseph, le 2 février 2014


Chère Lucienne, je repense à votre questionnement et question lancée sur le forum!
Et voici ce que la prière m’inspire ce soir : «Et si nous abordions les distractions, main dans la main avec le Seigneur…».
Ne jamais lâcher sa main, demeurer fidèles à l’Alliance, et tout aborder avec Lui!
Nous ne serons jamais parfaits, et lorsque nos prières s’assèchent ou sont parasitées, nous serions presque tentés de ne plus prier. La petite Thérèse disait : que tout cela il faut le jeter dans le Feu Miséricordieux de l’Amour de Dieu! Ce désir, cet acte de foi c’est une bien belle prière alors, faisons-la nôtre !
Et lors de longues traversées de désert, n’oublions jamais que demeure au fond de nous, malgré toutes nos aridités et sous nos tonnes de distractions futiles, une ÉVIDENCE qui dit : «J’aimerai toujours ce Dieu qui me rejoint sans cesse et qui m’a oint parce que j’ai du prix à ses yeux ; quand je m’égare Il me cherche ; et quand Il me retrouve, Il m’enveloppe de sa puissante et délicate tendresse si guérissante».
Merci pour ce partage. Que Dieu vous bénisse !

Par: Michelle Foucault, le 06.03.2014