Pastorale
 

Homélie du dimanche et des fêtes

 

6e Dimanche du temps ordinaire

17 février

« Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous ! » (Lc 6, 17.20-26)

Les béatitudes dans la version de saint Luc nous surprennent par leur contenu paradoxal. Le Seigneur nous provoque pour les méditer longuement. Cherchons en quoi elles sont pour nous une bonne nouvelle.
D’une part, il me semble que les béatitudes ne s’éclairent que par leurs antithèses et, d’autre part, en cherchant à comprendre ces béatitudes, nous sommes amenés à préciser le sens des mots que Jésus utilise ici.
« Heureux, vous les pauvres, car vous possédez le Royaume de Dieu. »
« Malheureux vous, les riches, car vous avez votre consolation. »
La pauvreté ne nous donne pas par elle-même le royaume de Dieu. Elle peut être au contraire source d’inquiétude et d’envie, tandis que la richesse peut être source de générosité. En réalité, Jésus s’adresse plus particulièrement aux disciples qui vont faire une expérience toute particulière de la pauvreté. Ils vont voir que nous ne pouvons pas par nous-mêmes entrer dans le royaume de Dieu. Il y a là une pauvreté radicale de l’homme, mais qui devient une béatitude à la suite du Christ : par lui, j’accède au royaume. Le riche qui se sent suffisant trouve une maigre consolation, mais non pas la consolation de l’Esprit Saint infiniment supérieure. L’expérience de nos limites, de nos manques, de nos pauvretés devient alors un tremplin pour s’appuyer sur le Christ pour entrer dans son royaume. Jésus précise que c’est une expérience déjà pour le temps présent.
« Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. »
« Malheureux vous, qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim. »
La faim du Christ, c’est l’expérience du manque que ceux qui sont repus ne peuvent faire. Faim de justice, faim de solidarité, faim de l’eucharistie : le pain qui nous rassasie, c’est l’amour, la communion. Bienheureuse faim, car Dieu la comblera.
« Heureux, vous qui pleurez maintenant, vous rirez ! »
« Malheureux, vous qui riez maintenant, vous serez dans le deuil et vous pleurerez. »
Jésus proclame la béatitude du rire ! Pour celui qui sait pleurer parce que son cœur est sensible au malheur d’autrui, il saura aussi s’ouvrir à la joie du royaume. Nous ne serons jamais pleinement heureux sur la terre. Notre bonheur et notre joie s’épanouiront au Ciel dans la parfaite alliance avec le Christ et la communion des saints. Ayons au cœur la joie de l’espérance du Ciel qui nous est promis.
« Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, vous excluront et vous insulterons […] à cause du Fils de l’homme. Réjouissez-vous […] car votre récompense sera grande dans le Ciel. »
« Malheureux êtes-vous, quand tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
L’expérience la plus douloureuse est bien celle de la haine, des insultes et de l’exclusion. C’est tout le contraire de ce que le disciple attend, puis qu’il attend la communion fraternelle. À la suite du Christ, il va faire l’expérience du contraire de ce qu’il espérait. Il va vivre l’antithèse du royaume. Jésus sera mis en Croix. Pourtant, Jésus annonce ici que cette expérience fait partie du chemin comme la traversée du désert prépare la terre promise.
En conclusion, avec le Christ nous pouvons vraiment trouver notre joie en toutes circonstances : il y a une béatitude qui est réservée aux pauvres, aux affligés, aux affamés, aux exclus. Une béatitude qui transfigure la vie en la centrant sur Dieu. Dieu ne veut pas notre malheur, mais notre bonheur. Et si les circonstances de la vie nous plongent dans un malheur, Dieu notre Père peut le transformer en chemin de vie, de communion et de paix avec tous les hommes de bonne volonté. Oui, la bonne nouvelle du Royaume est à notre portée !

Prière universelle :

  • Pour toute l’Église : qu’elle continue à proclamer les béatitudes du Royaume et que son message de bonheur soit entendu par tous. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Pour que le monde d’aujourd’hui s’engage à plus de justice et de solidarité. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Pour tous ceux qui souffrent de la pauvreté, de la faim et qui sont affligés. Que l’Église les entoure de la compassion du Christ. Dieu, notre Père, nous te prions.
  • Pour nous tous ici rassemblés : que nous vivions intensément de l’eucharistie pour partager la joie et l’amour du Christ. Dieu, notre Père, nous te prions.
    P. Marie-Joseph Huguenin

 

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