Lettre 18 (8 janvier 2018)

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Chers amis,

En cette nouvelle année, Michelle a eu l’idée de vous donner des exemples concrets du projet Koïnonia.

  • Imaginons une famille qui désire transmettre à ses enfants une vie de partage, de simplicité, de foi et d’espérance. Seulement voilà, ils se sentent un peu noyés dans le monde. À l’école, leurs enfants rencontrent davantage la compétition et un système d’éducation essoufflé, éparse… La loi du plus fort s’exerce entre les élèves et un peu partout. Leurs enfants y sont perdus.

Alors cette famille rêve de vivre dans un lieu paisible, avec d’autres personnes qui sont animées par la même soif, où leurs enfants vivraient à côté d’autres enfants et familles qui s’entraideraient, partageraient et se recueilleraient ensemble… Leur vie serait plus sobre et apaisée. Lors de fêtes, elle s’organiserait pour recevoir dans les salles et dortoirs communs. Le fait de vivre dans un plus petit appartement (mais pratique) permettrait, paradoxalement d’accueillir en grand !
Arriverait un coup dur ou une obligation, elle garderait confiance et sérénité, car elle trouverait à s’organiser avec les autres autour des enfants.

  • Imaginons maintenant une famille monoparentale, avec des difficultés financières importantes. Elle rêve d’un lieu de vie où elle louerait un appartement avec juste ce qu’il faut pour vivre, ce qui serait bien plus économique, et par ailleurs, pourrait bénéficier d’espaces communs pour recevoir, ou bien partager avec les autres habitants du lieu. Un ensemble où il serait possible de demander à une ou des personnes à la retraite, d’aller chercher les enfants après la classe, etc.
  • Voyons aussi pour une personne à la retraite, dont les enfants sont loin et très occupés, qui vit dans une belle maison devenue trop grande, où la solitude se fait de plus en plus lourde, ainsi que les charges et l’entretien ! Elle rêve d’un nid douillet au cœur d’une vie communautaire chaleureuse, tout en gardant son indépendance tant que faire se peut. Elle ne s’inquiéterait plus concernant ses dernières années, ni de la solitude, car en ce lieu elle pourrait communier, voir du monde et se rendre utile, ne serait-ce qu’en portant les autres dans la prière, seule ou en compagnie, dans la chapelle du lieu, qui serait comme un cœur ; ou bien en cueillant des fleurs pour décorer les lieux communs, en racontant joyeusement des histoires aux enfants de l’ensemble locatif…
  • Occupons-nous maintenant de personnes qui se retrouveraient au chômage ou bien de jeunes qui ne trouveraient pas de travail…

Ils rêvent d’autonomie mais ils n’en ont pas ou plus les moyens financiers. Ils rêvent d’un lieu où avec d’autres, ils pourraient redéfinir ce que leurs charismes pourraient faire jaillir sur le plan professionnel, un lieu où ils seraient encouragés et pourraient rejoindre des initiatives en vue de les faire prospérer…

  • Les derniers profils dont nous aimerions vous parler sont les consacrés, religieux ou laïcs, qui rêvent non pas seulement d’être le levain enfoui dans la pâte, mais aussi de témoigner quotidiennement de l’amour de Dieu pour sa création en s’engageant dans un projet fidèle à Laudato si’ et Evangelii Gaudium du Pape François, afin de relever les défis de notre temps comme chrétiens.

Tous ont besoin de garder leur caractéristique communautaire ou individuelle, tout en fructifiant. Mais les uns se trouvent bien seuls dans leur couvent ou monastère, pendant que les autres rêvent de préserver tous ces hauts lieux de prières et d’histoire chrétienne, en leur redonnant vie, en s’y investissant, avec leur charisme propre et vœux de communion !
La cohabitation serait-elle possible ? Nous répondons : « La cohabitation entre chrétiens ne peut pas être impossible, il suffit que chacun puisse y trouver ses marques et se sente respecté ».
C’est là que le vœu d’obéissance cède la place à un vœu de communion, et la soumission à la liberté responsable.
Alors rien n’empêche ceux ou celles qui ont fait vœu d’obéissance de continuer leur vie dans une partie du bâtiment et de se lier par un vœu de communion à ceux et celles qui sont appelés à une consécration plus libre et engagée dans le mouvement Koïnonia.

Souvent certaines personnes nous ont dit : « Mais ce projet existe déjà dans les villages ou les quartiers… » Fragmentairement certes, mais pas de manière à témoigner de façon visible et efficace. Et beaucoup de chrétiens se sentent de plus en plus isolés.
D’autre part, nous avons le devoir d’être prévoyants et nous devons réduire nos niveaux de vie qui sont beaucoup trop énergivores. Si nous n’anticipons pas des formes de vie plus profondes, plus respectueuses de l’environnement et des personnes fragiles, et au bout du compte, spirituellement plus nourrissantes, nous manquerons à l’appel du Seigneur, à discerner les signes des temps, qui sont écologiquement sans appel, et économiquement attestés.

Si vous vous sentez rejoints dans votre quête personnelle, nous invitons à nous le partager, via notre page forum ou notre page contact.

Belle année de grâce 2018 à tous ! Qu’elle unisse nos désirs de communion, de solidarité, de fécondité de nos charismes au service de l’Église et du monde !

Michelle Foucault et P. Marie-Joseph Huguenin
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